Gabon : Augustin Emane traque l’absentéisme et recadre les agents de la Justice
En effectuant une visite inopinée dans les services de son ministère, le Garde des Sceaux, Augustin Emane, a mis en lumière un niveau préoccupant d’absentéisme et de retards. Face à ce constat, le membre du gouvernement a décidé de durcir le ton en rappelant les obligations légales et en annonçant des mesures disciplinaires.
Dans une démarche qui tranche avec les pratiques habituelles, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, chargé des Droits humains, Augustin Emane, a effectué le 16 mars 2026 une inspection surprise des services de son département, à l’issue de la cérémonie de levée des couleurs.
Objectif affiché : s’assurer de la présence effective des agents à leur poste de travail. Mais le constat dressé à l’issue de cette tournée s’est révélé particulièrement préoccupant. Selon les premières observations, une proportion importante du personnel brille par son absence ou accuse des retards répétés.
Un constat alarmant sur la discipline administrative
Au cours de cette descente inopinée, le ministre a relevé que près des trois quarts des agents ne respecteraient pas les horaires réglementaires, installant de facto une culture de relâchement au sein de l’administration judiciaire.
Face à cette situation jugée incompatible avec les exigences de service public, Augustin Emane a immédiatement instruit le Secrétaire général de la Chancellerie de demander des explications formelles aux agents absents, notamment ceux n’ayant pas justifié leur absence auprès de leur hiérarchie.
Cette mesure vise à instaurer un cadre de responsabilité individuelle et à mettre fin à ce que certains observateurs qualifient de dérives structurelles au sein de l’administration.
Le rappel strict des règles en vigueur
Dans le prolongement de cette opération, le Garde des Sceaux a tenu à rappeler le cadre légal qui régit le temps de travail en République gabonaise. Il a notamment évoqué le décret n°0028/PR/MEFPTFP du 29 janvier 2021, qui fixe les modalités d’organisation du temps de travail dans les administrations publiques.
Ce texte prévoit une journée continue de travail allant de 7h30 à 16h30, avec une pause d’une heure en milieu de journée. Des dispositions qui, selon le ministre, restent largement méconnues ou insuffisamment appliquées par les agents concernés.
Restaurer la rigueur au sein de l’administration judiciaire
Au-delà du constat, cette initiative s’inscrit dans une volonté plus large de restauration de la discipline et de la performance au sein des services publics. Dans un contexte où les plus hautes autorités appellent à un sursaut collectif, le ministère de la Justice entend se positionner comme un modèle d’exigence et de rigueur.
Présentée comme une démarche à la fois pédagogique et corrective, cette action vise à mobiliser les équipes autour d’une culture du résultat et du respect des règles.
Reste désormais à observer si ces mesures produiront des effets durables dans un environnement administratif souvent critiqué pour son manque de discipline, mais dont l’efficacité demeure essentielle au bon fonctionnement de l’État.










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