Gabon : après 13 milliards injectés dans les universités, les chantiers toujours à l’arrêt

Malgré des financements conséquents annoncés depuis la Transition, les travaux d’infrastructures dans les universités publiques piétinent, au risque de plonger l’année académique dans une nouvelle zone de turbulence.
Les universités gabonaises peinent à sortir de l’ornière. Selon des propos rapportés par nos confrères du Quotidien L’Union dans leur édition du vendredi 23 janvier 2026, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr Charles Edgar Mombo, a convoqué mercredi les entreprises en charge des chantiers universitaires afin de faire le point sur l’état d’avancement des travaux et les délais de livraison. Étaient concernés les sites de l’Université Omar Bongo, de l’Université des sciences de la santé (USS), de l’Université des sciences de l’éducation (USE), ainsi que les universités de Port-Gentil, Mouila et Masuku, sans oublier plusieurs instituts spécialisés.
13 milliards débloqués, mais peu de résultats visibles
Cette réunion intervient dans un contexte de fortes attentes et de profondes frustrations. Pour rappel, sous l’impulsion du président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, une enveloppe de 13 milliards de francs CFA avait été débloquée afin de soulager les universités publiques, confrontées à un déficit chronique d’infrastructures. Deux ans plus tard, le constat dressé est sévère : les délais sont largement dépassés et les chantiers accusent un retard préoccupant, malgré les engagements réitérés des entreprises adjudicataires.
Toujours selon L’Union, les mêmes maux persistent d’un établissement à l’autre : bâtiments inachevés, réhabilitations au point mort, conditions d’enseignement dégradées. À l’UOB notamment, le Syndicat national des enseignants-chercheurs (Snec-UOB) a récemment tiré la sonnette d’alarme, évoquant des griefs susceptibles de faire basculer l’année académique dans le chaos.
Annonces ambitieuses, réalité décevante
Depuis la Transition, l’enseignement supérieur gabonais est régulièrement présenté comme une priorité stratégique, avec une succession d’annonces ambitieuses sur la modernisation des campus et l’amélioration des conditions d’étude. Mais sur le terrain, la réalité tranche avec le discours officiel. Dans plusieurs universités publiques, les travaux de construction et de réhabilitation stagnent, nourrissant l’exaspération des étudiants, des enseignants et des administrations.
La question centrale demeure : où se situe le blocage ? Est-il du côté des entreprises, de la gouvernance des projets, ou du suivi administratif et financier des chantiers ? À l’heure où des milliards ont été engagés, l’absence de résultats tangibles interroge l’efficacité réelle de ces financements publics.
L’urgence d’un sursaut
À quelques semaines de nouvelles échéances académiques sensibles, le statu quo n’est plus tenable. Faute d’un redressement rapide et d’un suivi rigoureux des chantiers, le risque est grand de voir les universités publiques s’enliser davantage, au détriment de milliers d’étudiants. Plus qu’un simple retard technique, c’est la crédibilité de la politique publique de l’enseignement supérieur qui se joue. Et, avec elle, l’avenir de toute une génération.









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