Gabon : appels à la rue, responsabilité collective et impératif de préserver le vivre-ensemble
Alors que le Gabon poursuit un processus de reconstruction institutionnelle et sociale engagé depuis la fin de la Transition, certains discours relayés sur les réseaux sociaux, souvent depuis l’étranger, appellent à des mobilisations de rue présentées comme des solutions politiques. Une posture jugée dangereuse par de nombreux observateurs, au regard des fragilités sociales encore persistantes et de l’exigence de préserver la cohésion nationale.
L’expérience récente, au Gabon comme dans d’autres pays, démontre que les appels à l’affrontement, nourris par l’émotion numérique et la radicalité verbale, ne produisent ni alternance institutionnelle ni réformes durables. En revanche, ils exposent les populations à des violences bien réelles, à des pertes humaines irréversibles et à des fractures profondes du tissu social. Les réseaux sociaux peuvent amplifier les colères, mais ils ne se substituent ni aux institutions, ni aux mécanismes démocratiques, ni au dialogue social.
La stabilité comme bien commun à protéger
Au Gabon, les épisodes de tensions politiques et sociales du passé ont laissé des cicatrices encore visibles dans la mémoire collective. Ces événements rappellent que la rupture de l’ordre public et de la paix civile a toujours un coût élevé, payé en premier lieu par les citoyens ordinaires. La stabilité actuelle, fruit d’un consensus national et d’un engagement institutionnel fort, demeure un équilibre fragile qui ne saurait être mis en péril par des incitations à la confrontation, surtout lorsqu’elles sont portées par des acteurs qui n’en assument ni les risques ni les conséquences.
Le débat public, la critique de l’action gouvernementale et l’expression des revendications sociales constituent des droits fondamentaux dans un État de droit. Mais ces droits s’exercent dans un cadre précis : celui du respect des institutions, du dialogue républicain et de la responsabilité collective. La surenchère verbale, la manipulation émotionnelle et les appels à la rue sans perspective politique claire ne relèvent pas de la construction démocratique.
Le temps des responsabilités
Le Gabon se trouve à un moment charnière de son histoire récente. Les réformes engagées, les choix économiques opérés et les orientations stratégiques affichées exigent du temps, de la méthode et un climat apaisé. Alimenter des tensions artificielles, c’est fragiliser l’effort national et compromettre les bénéfices attendus pour les populations, notamment les plus vulnérables.
Préserver le vivre-ensemble, c’est refuser la division et la logique de l’affrontement. C’est rappeler que la transformation d’un pays repose sur la responsabilité, le dialogue et la primauté de l’intérêt général. Dans ce contexte, la paix sociale n’est pas un slogan, mais une exigence républicaine. Une obligation collective, à l’heure où le Gabon tente de consolider ses acquis et de bâtir un avenir stable pour tous.









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