Gabon : Adrien Nguema Mba annonce un futur concours d’entrée dans la Police !
L’annonce est tombée comme une promesse d’oxygène pour une jeunesse gabonaise en quête de repères. Invité de l’émission « Le gouvernement s’exprime » sur la chaîne Gabon 24, le ministre de l’Intérieur chargé de la Sécurité, Adrien Nguema Mba, a levé le voile sur un futur concours d’entrée dans la Police Nationale. Une décision qui reposerait sur le fait que les effectifs des forces de l’ordre sont inférieurs aux attentes.
« Nos forces de défense et de sécurité ne sont pas encore en nombre suffisant pour couvrir efficacement l’ensemble du territoire urbain »,a fait constater Adrien Nguema Mba lors de son passage à Gabon 24. Fort de cette situation des plus inquiétantes dans une période d’insécurité croissante, les autorités compétentes ont pris le taureau par les cornes. « C’est pourquoi un recrutement est prévu afin de renforcer les équipes », a annoncé le ministre de l’Intérieur.
Une décision qui fait jaser !
Si cette annonce répond à un besoin sécuritaire réel dans nos cités, il n’en demeure pas moins qu’elle soulève une interrogation de fond sur la cohérence de la politique de l’emploi du gouvernement de transition. D’un côté, le discours officiel martèle depuis des mois que la fonction publique gabonaise a atteint son point de saturation. Avec une masse salariale jugée colossale, l’État exhorte les demandeurs d’emploi à explorer les sentiers de l’entrepreneuriat et du secteur privé.
Pourtant, alors que le taux de chômage excède les 40 % selon la Banque mondiale, le seul débouché concret et récurrent proposé par les autorités semble être celui des armes. Pourquoi la rigueur budgétaire s’efface-t-elle dès qu’il s’agit des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) ? L’’État est-il en train de transformer la police en une « soupape de sécurité » sociale pour absorber une partie de la jeunesse désœuvrée, faute de pouvoir dynamiser le secteur privé ?
De la nécessité d’orthodoxer les propriétaires !
Il faut avoir le courage de se le dire, la sécurité des Gabonais est une priorité non négociable mais la multiplication des recrutements sous les drapeaux ne saurait constituer une politique de plein emploi durable. Dans la 5eme République, il est inimaginable que le renforcement des effectifs policiers mêlé à la restriction d’accès aux autres secteurs de l’administration soit érigé en priorité. Par cette initiative, le gouvernement prend le risque de créer un déséquilibre structurel.
Avec du recul, il appartient à l’État de se poser une question fondamentale. Peut-on indéfiniment recruter dans la police tout en expliquant aux diplômés que les caisses sont vides pour le reste ? Entre impératif sécuritaire et réalisme économique, le curseur semble pencher vers une militarisation de l’emploi public. Un choix qui, s’il sécurise les rues, ne garantit pas nécessairement l’avenir économique d’un pays qui attend toujours son décollage industriel. Gageons d’avoir été entendu.










GMT TV