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Gabon : activiste, pourquoi légaliser un statut attentatoire à la sécurité nationale ?

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Alors que l’État gabonais avait argué que la décision de suspendre les réseaux sociaux résultait des publications tendancieuses, injurieuses et attentatoires au vivre ensemble dont les adeptes sont bien connus d’entre les activistes, le gouvernement a surpris son monde en annonçant récemment avoir pris un projet d’ordonnance devant permettre de conférer aux activistes un statut juridique. Une position ambivalente puisque l’État dénonce et conforte.

Comment décrier des agissements et travailler afin de garantir leur pérennité en légalisant une pratique qu’il sera difficile d’endiguer à l’avenir ? C’est la gymnastique législative et administrative opérée par Germain Biahodjow le jeudi 19 mars 2026.  Ce jour-là, le ministre de la Communication a donné vie de manière légale aux statuts d’influenceurs et activistes en République gabonais. Des acteurs du numérique souvent décriés pour les contenus, non vérifiés, outrageants voire diffamatoires à longueur de temps.

Activistes, des tout permis désormais consolidés !

Selon le petit Robert, l’activiste est un partisan de l’activisme politique. Il s’agirait d’une personne qui combat, lutte pour une cause, une idée, un parti. Pourtant, au Gabon, les activistes sont réputés être transversaux et à la solde des plus offrants. Des clichés qui ont d’ailleurs été dénoncés par le passé notamment pour les cas de Princesse de Souba dont les publications sont dites subversives par le pouvoir. Que dire de Nazih qui a été traqué et assujetti à une extradition pour avoir fait chanter le Chef de l’État.

Si la reconnaissance des métiers d’influenceurs, blogueurs et d’activistes est accueillie avec faste par plusieurs acteurs du numérique qui en vivent, il est tout de même judicieux de cerner l’incongruité dans le narratif de l’exécutif. Sans identifier clairement les auteurs des actes dénoncés qui ont conduit à la suspension des réseaux sociaux, les voix autorisées n’ont de cesse pointé les actions de certains acteurs du net.  Ces derniers ayant pris l’habitude d’invectiver, de colporter les fausses nouvelles et de porter des messages haineux. 

D’ailleurs, pour le commun des Gabonais la cible de la suspension des réseaux depuis plus d’un mois serait les activistes anti patriotiques. C’est en tout cas ce qu’ont martelé les pages Facebook acquises à la cause du Chef de l’État. D’autres personnalités très suivies ont même fait le plaidoyer de les faire rapatrier pour qu’ils rendent des comptes. Difficile à ce moment de comprendre l’opportunité de la reconnaissance légale des statuts d’activistes, blogueurs et influenceurs comme des « animateurs spécifiques ». 

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

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