Gabon : Abandonné par l’État, Antoine Yalanzele lance un cri pour rester en vie
Ancien haut responsable de l’État, Antoine Yalanzele Dangouali affirme être aujourd’hui livré à lui-même face à la maladie. Dans une lettre adressée au président Brice Clotaire Oligui Nguema, dont des extraits sont rapportés par L’Aube dans son édition du lundi 19 janvier 2026, il dénonce une absence totale de prise en charge médicale et interpelle la conscience nationale sur la responsabilité de l’État envers ceux qui l’ont servi.
Il a longtemps évolué au sommet de l’appareil étatique. Ministre délégué sous Omar Bongo, ancien directeur général de la CNSS et ex-représentant personnel du président Ali Bongo Ondimba pour les questions politiques et sociales, Antoine Yalanzele Dangouali pensait, au soir de sa carrière, pouvoir compter sur l’institution qu’il a servie. Il n’en est rien. Dans une lettre adressée au Brice Clotaire Oligui Nguema, l’ancien haut commis de l’État confie sa détresse, dans des termes rapportés par L’Aube.
« Je suis Antoine Yalanzele Dangouali, que vous ne connaissez plus », écrit-il avec amertume. Une phrase qui résume, à elle seule, le sentiment d’abandon exprimé par celui qui se dit aujourd’hui « effacé » par l’administration, alors même que sa maladie se serait déclarée alors qu’il était encore en fonction.
Une pathologie contractée en service, une prise en charge refusée
Selon L’Aube, Antoine Yalanzele soutient que la pathologie lourde dont il souffre actuellement est apparue durant l’exercice de ses hautes responsabilités. À ce titre, il estime que la prise en charge de ses soins relève de la responsabilité directe de l’État, comme cela a été accordé à d’autres anciens responsables.
Pourtant, aucune instruction n’aurait été donnée à la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale(CNAMGS) pour l’ouverture de son dossier. Résultat : une évacuation sanitaire obtenue dans l’urgence, financée sur fonds propres, après plus de quinze jours d’attente. « Sinon, je mourais », confie-t-il sans détour, selon les propos rapportés par L’Aube.
Du coma à la survie précaire
Arrivé en France, l’ancien responsable plonge dans le coma durant deux semaines. Il est ensuite admis dans une structure spécialisée pendant près d’un an, pour un coût mensuel estimé entre 25 000 et 30 000 euros. Faute de prise en charge officielle, il est contraint de quitter l’établissement et de poursuivre ses soins dans un modeste appartement parisien, dans des conditions précaires.
Toujours selon L’Aube, un médecin-conseil mandaté par l’ancienne direction de la CNAMGS avait pourtant évalué son état en vue d’un éventuel remboursement. Mais le changement d’équipe dirigeante aurait, une fois de plus, enterré le dossier. Plus récemment, une notification écrite de la nouvelle direction lui aurait opposé un refus catégorique de toute prise en charge.
Une interpellation sur la responsabilité et la dignité
Dans sa lettre, Antoine Yalanzele rappelle les engagements publics de l’État en matière de lutte contre les AVC et de création de structures spécialisées. Une politique qu’il salue, tout en posant une question crue : « Entre-temps, que fait-on ? ». Il affirme devoir sa survie aux équipes médicales qui l’ont pris en charge, notamment celle d’El Rapha, sans soutien institutionnel.
Derrière cette supplique, l’ancien serviteur de l’État ne réclame ni privilège ni faveur, mais le droit élémentaire à des soins. Son message, relayé par L’Aube, sonne comme un avertissement sévère : mieux vaut, écrit-il en substance, « maintenir un ancien responsable en vie aujourd’hui, que dépenser demain des millions pour des obsèques nationales et des hommages posthumes ».
Au-delà de son cas personnel, c’est la question de la responsabilité de l’État et de la dignité humaine de ses anciens serviteurs qui est posée, avec une gravité que nul ne peut désormais ignorer.








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