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Gabon : 7 209 étudiants orientés dans le privé menacés d’exclusion sur fond d’impayés de l’État

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59 établissements privés réunis au sein de la CGEUP ont donné un ultimatum fixé au 28 février 2026 pour percevoir au moins 50% des frais de scolarité de 7 209 étudiants orientés par l’État. Faute de paiement, ces jeunes pourraient être exclus. Selon des informations rapportées par nos confrères de Gabonactu.com, les arriérés de l’ANBG s’élèveraient à plus de 12,5 milliards FCFA.

La tension monte dans le secteur de l’enseignement supérieur privé. D’après des éléments publiés par le site d’actualité généraliste Gabonactu.com, 59 promoteurs d’établissements privés, regroupés au sein de la Conférence des grandes écoles universitaires du privé (CGEUP), menacent de suspendre les cours pour 7 209 étudiants orientés par l’État au titre des deux dernières années académiques. 

Une dette de plus de 12,5 milliards FCFA

Ces effectifs se répartissent entre 3 155 étudiants pour l’année 2023-2024 et 4 054 pour l’année 2024-2025. Les responsables des établissements exigent désormais que les parents versent au moins 50% des frais de scolarité avant ce samedi 28 février 2026, promettant un remboursement dès que l’État réglera sa dette.

Toujours selon Gabonactu.com, le montant total des arriérés dus par l’Agence nationale des bourses du Gabon (ANBG) aux établissements privés atteindrait 12 509 186 580 FCFA.

Malgré des relances adressées au ministère de l’Enseignement supérieur, au ministère du Budget et à la Vice-Présidence de la République, le dossier serait bloqué dans les circuits administratifs. Les promoteurs estiment ne plus pouvoir supporter seuls la charge financière liée à l’accueil de ces étudiants orientés par l’État. La décision d’exiger une contribution immédiate des familles a été actée lors d’une assemblée générale tenue le 30 janvier dernier.

Le CNPE alerte sur une « situation explosive »

Face à cette menace d’exclusion massive, le Conseil national des parents d’élèves du Gabon (CNPE) a tiré la sonnette d’alarme ce jeudi lors d’une déclaration publique.

Pour son président, Donatien Boulingui, une telle mesure serait « insupportable » pour de nombreux ménages déjà fragilisés par le chômage et la précarité. « Une interruption massive de parcours académiques serait de nature à fragiliser davantage notre jeunesse et à compromettre les efforts consentis par l’État en matière de formation des ressources humaines », a-t-il averti.

Le CNPE appelle à une intervention « au plus haut sommet de l’État » afin d’éviter une crise sociale majeure. L’organisation insiste sur le caractère stratégique de la jeunesse pour le développement national, estimant que la stabilité du parcours éducatif relève d’un enjeu de sécurité nationale. « Il apparaît essentiel que toutes les parties prenantes privilégient le dialogue, la concertation et l’esprit de responsabilité », plaide le CNPE, qui se positionne en médiateur dans ce bras de fer.

À deux jours de l’ultimatum, la balle semble désormais dans le camp des autorités. Derrière les chiffres, 7 209 étudiants et plus de 12,5 milliards FCFA d’arriérés, se joue l’avenir académique de milliers de jeunes Gabonais.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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