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Gabon : 419,8 milliards Fcfa prévus pour le remboursement de la dette en 2026

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Établi par la Direction générale de la Dette à plus de 8 600 milliards de FCFA à octobre 2025, la dette publique du Gabon constitue un véritable enjeu de politique publique. En effet, elle conditionne la viabilité de notre économie et la capacité du pays à mener des politiques d’investissement ambitieuses. C’est suivant cette vision de gestion soutenable que le gouvernement entend consacrer près de 420 milliards de FCFA au service de la dette en 2026, conformément aux orientations de la loi de finances.

La loi de finances 2026 prévoit une hausse de 20 % des dépenses consacrées aux charges financières de la dette, passant de 349,4 milliards de FCFA en 2025 à 419,8 milliards de FCFA. Ces charges intègrent plusieurs composantes, notamment la dette intérieure en forte progression (+34 %), la dette extérieure (+5 %), les intérêts sur emprunts ainsi que les instruments de trésorerie comme les Bons du Trésor assimilables. À titre de comparaison, cette enveloppe représente près du quart des dépenses que l’État prévoit de consacrer à l’investissement public en 2026, illustrant le poids structurel du service de la dette dans les finances publiques.

Une structure de dette marquée par la pression intérieure

L’analyse détaillée du tableau budgétaire révèle que la dette intérieure demeure la principale source de tension. Les charges liées à la dette intérieure passent ainsi de 185,4 milliards de FCFA en 2025 à 248 milliards de FCFA en 2026, soit une augmentation de 62,6 milliards de FCFA. Cette dynamique est principalement portée par les intérêts sur emprunts intérieurs courants, qui bondissent de 163,2 à 219,4 milliards de FCFA (+34 %). En revanche, les intérêts dus aux banques intérieures reculent de 21,5 à 17,1 milliards de FCFA (-21 %), traduisant un rééquilibrage au profit des marchés financiers domestiques, dont les charges progressent de 43 %, pour atteindre plus de 202 milliards de FCFA. Parallèlement, la ligne « Trésor-dette » connaît une hausse de 28 %, soutenue par l’explosion des facilités de caisse (+168 %) et la progression notable des Bons du Trésor assimilables (+3 %).

Du côté de la dette extérieure, la hausse reste plus contenue. Les charges passent de 164,1 à 171,9 milliards de FCFA, tirées par les emprunts extérieurs courants. Toutefois, des replis sont observés au niveau des créanciers bilatéraux (-19 %), multilatéraux (-14 %) et des banques étrangères (-21 %), tandis que les marchés financiers internationaux enregistrent une hausse de 20 %. Si cette orientation traduit une stratégie active de gestion de la dette, elle impose néanmoins une discipline budgétaire accrue. La soutenabilité de cet effort dépendra in fine de la capacité du gouvernement à accroître durablement les recettes et à aligner rigueur financière et ambitions de développement.

Karl Makemba

Engagé et passionné, Karl Makemba met son expertise et sa plume au service d’une information rigoureuse et indépendante. Fidèle à la mission de Gabon Media Time, il contribue à éclairer l’actualité gabonaise avec une analyse approfondie et un regard critique. "La liberté d'expression est la pierre angulaire de toute société libre." – Kofi Annan

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