Lambaréné : SOS-Éducation durcit le ton et maintient la pression sur le gouvernement
À Lambaréné, les enseignants regroupés au sein du collectif SOS-Éducation affichent une détermination intacte. Réunis en assemblée générale le samedi 10 janvier 2026 devant la Direction d’académie provinciale (DAP) du Moyen-Ogooué, ils ont rejeté les mesures annoncées par le ministère de l’Éducation nationale, jugées insuffisantes et déconnectées des revendications de fond. Le mouvement de grève pourrait s’intensifier si aucune réponse structurelle n’est apportée, a-t-on pu lire dans la livraison du quotidien L’Union de ce lundi 12 janvier 2026.
Une annonce ministérielle qui ne convainc pas. Depuis le 8 janvier, le ministère de l’Éducation nationale a engagé le paiement progressif des vacations liées au baccalauréat sur l’ensemble du territoire. Une décision présentée comme un geste d’apaisement, mais qui n’a pas produit l’effet escompté à Lambaréné. Pour les enseignants de SOS-Éducation, cette mesure relève davantage d’un « pansement sur une plaie ouverte » que d’une solution durable.
Les grévistes dénoncent une initiative qu’ils qualifient de « manipulatrice et humiliante », estimant que les montants versés ne répondent ni à l’ampleur des efforts consentis ni à la profondeur de la crise qui secoue le secteur éducatif depuis plusieurs années.
Des revendications structurelles toujours ignorées
Lors de l’assemblée générale, les intervenants ont rappelé que le paiement partiel des vacations ne saurait occulter les problèmes majeurs qui persistent : situations administratives irrégulières, précarité des conditions de vie et de travail, retards de solde, absence de perspectives claires pour de nombreux enseignants.
« Cette fois, c’est tout ou rien », a martelé Daniel Akoma d’Atsié, enseignant et membre actif du collectif, dénonçant ce qu’il perçoit comme une fuite en avant de l’administration centrale. Pour SOS-Éducation, les maladresses répétées de la tutelle ne font qu’exacerber les tensions au lieu de les résorber.
Méfiance face aux concertations annoncées
Des informations évoquent l’éventualité de discussions en coulisses entre le gouvernement et certains représentants du corps enseignant. Une perspective accueillie avec une grande prudence par les grévistes. « Il ne saurait être question de concertations de façade ni de promesses sans lendemain », préviennent-ils, exigeant un cadre formel, des engagements écrits et un calendrier précis.
Une inquiétude croissante pour l’année scolaire
Dans le Moyen-Ogooué, élèves et parents d’élèves suivent la situation avec appréhension. La crainte d’un impact durable sur le calendrier scolaire est bien réelle, alors que la grève s’inscrit désormais dans la durée. En attendant une réponse claire et crédible des autorités, SOS-Éducation affirme maintenir la pression et se dit prêt à aller « encore plus loin » dans la lutte.
Au-delà de Lambaréné, cette mobilisation illustre une crise nationale de gouvernance du système éducatif, où les réponses ponctuelles peinent à combler un malaise structurel profond.








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