Gabon : 2026 en ligne de mire, sécurité, justice et souveraineté au cœur de l’agenda présidentiel
À travers le communiqué final du Conseil des ministres du 29 décembre 2025, le pouvoir exécutif a esquissé bien davantage qu’un bilan de fin d’année. Le document trace les lignes directrices d’une véritable feuille de route politique pour 2026, articulée autour de trois priorités cardinales : la sécurité des personnes, le renforcement de la réponse pénale et l’affirmation de la souveraineté économique et environnementale de l’État gabonais.
À la lecture attentive de ce communiqué, une constante s’impose : l’année 2026 s’ouvrira sous le signe de l’autorité retrouvée de l’État. Sous l’impulsion du président Brice Clotaire Oligui Nguema, l’exécutif assume désormais une ligne politique plus ferme, nourrie par les traumatismes récents – crimes de sang, insécurité diffuse, tensions sociales – mais aussi par la volonté de rompre avec des décennies de gestion fragmentée.
Sécurité des personnes : répondre à l’angoisse sociale
Cette orientation n’est ni improvisée ni circonstancielle. Elle s’inscrit dans la continuité de la fin de la Transition et dans l’entrée officielle du pays dans un nouveau cycle institutionnel, marqué par le rétablissement complet des institutions constitutionnelles.
Le premier axe structurant concerne la sécurité des personnes. L’annonce d’un durcissement du dispositif pénal face aux crimes de sang résonne fortement dans un contexte national marqué par une succession d’affaires tragiques ayant profondément choqué l’opinion.
En demandant une réflexion urgente sur le renforcement de l’arsenal répressif, le Chef de l’État envoie un message politique clair : l’État ne tolérera plus l’impunité face aux atteintes graves à la vie humaine. Cette inflexion répond à une attente sociale pressante, dans un pays où la peur s’est installée dans les foyers et où la demande de protection est devenue centrale.
Justice pénale : restaurer la fermeté et l’équité
Au-delà de la sécurité immédiate, c’est la crédibilité même de la justice pénale qui est en jeu. Le communiqué insiste sur la nécessité d’une réponse judiciaire plus ferme, mais aussi plus lisible. La justice est appelée à redevenir un pilier de dissuasion et non un simple rouage procédural.
Cette orientation se double d’une approche plus humaine sur certains dossiers sensibles, notamment celui du conflit homme-faune. Le recensement des personnes condamnées dans ce cadre ouvre la voie à des décisions exceptionnelles, conciliant protection de la biodiversité et réalités sociales des populations rurales. Une justice plus équilibrée, sans renoncer à l’autorité de l’État.
Souveraineté économique et environnementale : reprendre la main
Troisième pilier de l’agenda 2026 : la souveraineté. Qu’elle soit économique, sécuritaire ou environnementale, elle irrigue l’ensemble des réformes annoncées. La reconnaissance des Douanes et des Eaux et Forêts comme corps paramilitaires stratégiques traduit cette volonté de reprise en main des leviers régaliens.
La réforme du secteur des jeux de hasard, avec la création de la Gabonaise des Jeux, s’inscrit dans la même logique : mieux encadrer, mieux tracer, mieux capter les ressources au profit de l’intérêt général. De même, la valorisation des ressources naturelles et la lutte contre les trafics environnementaux deviennent des enjeux de sécurité nationale à part entière.
2026, l’année de la consolidation
En filigrane, le communiqué du Conseil des ministres dessine une ambition : faire de 2026 l’année de la consolidation de l’État post-Transition. Sécurité renforcée, justice réaffirmée, souveraineté assumée. Reste désormais à transformer cette feuille de route politique en résultats concrets et mesurables.
Car au-delà des annonces, l’opinion publique attend des actes. Et c’est à cette aune que l’agenda présidentiel de 2026 sera jugé.









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