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Gabon : 19 sur 22 fédérations sportives sans agrément technique en 2026 !

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Selon des sources proches du ministère des Sports, 19 des 22 fédérations sportives officiellement reconnues au Gabon ne seraient pas juridiquement conformes. Il est relevé des absences de récépissés définitifs émanant du Ministère de l’Intérieur, la structuration territoriale incomplète, des structures des ligues et clubs non fonctionnels. Derrière l’architecture institutionnelle du mouvement sportif national se profilerait une fragilité juridique aux conséquences potentiellement lourdes qui sera corrigée par la mise en place d’un guichet spécial de régularisation.

Ce chiffre, confirmé à Gabon Media Time par des sources proches du ministère des Sports, interpelle. Comment comprendre que seulement 3 fédérations sur 22 rempliraient les exigences légales et statutaires en vigueur. Ce sont donc 19 fédérations qui fonctionneraient sans récépissés définitifs du ministère de l’Intérieur et d’agrément technique à jour. Que dire du non-respect des critères minimaux de structuration territoriale. « Beaucoup de structures se revendiquent fédérations, mais ne satisfont pas aux conditions requises », a confié une source administrative.

Une pyramide institutionnelle fragilisée

Faut-il rappeler qu’en droit associatif sportif, pour être reconnue comme fédération, il est indispensable qu’une organisation dispose d’au moins trois ligues régulièrement constituées. Chacune de ces ligues doit, à son tour, doit compter un minimum de trois clubs fonctionnels. Or, selon les éléments recueillis, plusieurs disciplines à l’instar du kick-boxing, du tennis de table voire le golf, ne répondraient pas à ces standards.

D’ailleurs, certaines fédérations ne disposeraient pas de trois ligues actives ; d’autres afficheraient des ligues dépourvues du nombre requis de clubs réellement opérationnels. « Le problème n’est pas seulement au sommet. Il descend jusqu’aux ligues et aux clubs », a renchéri la même source. Toute la chaîne institutionnelle serait donc ainsi affectée.

Des conséquences juridiques et financières

L’absence de personnalité morale régulière n’est pas qu’un détail administratif. Cette situation entraîne des conséquences concrètes à savoir l’impossibilité d’ouvrir un compte bancaire institutionnel.
Difficulté à souscrire des polices d’assurance en cas de blessure ou de décès d’un athlète. Flou sur la responsabilité civile et pénale en cas d’incident.

L’un des maux les plus évidents est la fragilité contractuelle vis-à-vis des partenaires publics ou privés. Dans ces conditions, les financements sont souvent versés à des individus plutôt qu’à des entités juridiquement constituées, ce qui pose un problème de traçabilité et de responsabilité.

Le privé face au risque juridique

Cette instabilité structurelle pourrait expliquer la frilosité des investisseurs privés. Sans personnalité morale solide, il n’y a ni garantie contractuelle ni sécurité juridique. « Un investisseur veut savoir à qui il donne son argent et sur quelle base légale », souligne un observateur du secteur.

En l’absence de cadre stable, le risque devient dissuasif. Le cercle est alors difficile à briser : Pas de stabilité juridique, pas de confiance. Pas de confiance, pas de financement. Pas de financement, pas de professionnalisation.

Une mise à niveau attendue

Comment en est-on arrivé à une telle situation ? Défaut de contrôle ? Insuffisance de formation des dirigeants associatifs ? Tolérance prolongée face aux irrégularités ? Au sein du ministère des Sports, des discussions seraient en cours pour engager une opération de mise en conformité progressive des fédérations via la mise en place d’un guichet spécial en bonne intelligence avec le Ministère de l’Intérieur.

Car au-delà du débat administratif, l’enjeu est stratégique. Il va sans dire que pour le ministère des sports cet aspect permet d’asseoir la crédibilité du sport gabonais, la sécurité des athlètes et la capacité à attirer des financements structurants. Une démarche qui consiste à implémenter l’autonomisation du sport gabonais. Avant de viser des performances continentales ou mondiales, encore faut-il que les structures censées encadrer les disciplines existent pleinement… juridiquement.

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

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