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Gabon : 100 jours pour convaincre, la pression d’Oligui Nguema sur les ministres

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En exigeant de chaque membre du gouvernement une feuille de route des cent premiers jours, le président Brice Clotaire Oligui Nguema impose un tempo inédit à l’Exécutif de la Ve République. Loin d’un rituel administratif, ce compte à rebours politique s’apparente à un test de crédibilité et à un mécanisme assumé de sélection par les résultats.

Dès le premier Conseil des ministres de la Ve République, le ton a été donné. Le Chef de l’État a clairement signifié que le temps de l’apprentissage est révolu. Aux ministres, il n’est plus demandé d’annoncer, mais d’agir. La feuille de route des cent jours devient ainsi l’instrument central de mise sous tension de l’Exécutif, en plaçant chaque département face à des priorités immédiates, identifiées, mesurables et opposables.

Dans un contexte post-Transition où l’opinion attend des changements tangibles, cette exigence répond à une attente politique forte : voir l’État décider vite, exécuter mieux et rendre compte sans détour. Les cent jours constituent, dans l’imaginaire politique, le temps de vérité d’un pouvoir. Le Président en fait désormais une norme de gouvernance.

Une épreuve de vérité pour les ministres

Concrètement, chaque ministre devra, sous trente jours, présenter un plan d’actions détaillé : chantiers à lancer, projets à accélérer, blocages à lever, responsables désignés et résultats attendus. Cette démarche rompt avec les agendas ministériels dilués et les priorités mouvantes. Elle recentre l’action publique sur l’impact réel et immédiat pour les populations.

Surtout, cette feuille de route ouvre la voie à une évaluation politique continue. À soixante jours, un contrat de performance viendra formaliser les engagements. À échéance régulière, des rapports d’exécution permettront un suivi interministériel rigoureux. Autrement dit, la performance devient le principal critère de maintien ou de remise en question.

Un message clair : la Ve République jugera sur pièces

En instituant ce mécanisme, Brice Clotaire Oligui Nguema envoie un message sans ambiguïté à l’Exécutif : la légitimité ministérielle ne se mesurera ni au rang, ni à la visibilité médiatique, mais à la capacité à produire des résultats concrets. Les cent jours ne sont pas un délai de grâce, mais une ligne de départ.

Dans une Ve République qui se veut méthodique et exigeante, ce choix marque une rupture. Il consacre l’entrée du Gabon dans une gouvernance du faire, où convaincre ne se décrète plus : cela se démontre, chiffres et actes à l’appui.

Morel Mondjo Mouega

Titulaire d'une Licence en droit, l'écriture et la lecture sont une passion que je mets au quotidien au profit des rédactions de Gabon Media Time depuis son lancement le 4 juillet 2016 et de GMTme depuis septembre 2019. Rédacteur en chef

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