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Football : assez de sous-entendus, Mouyouma doit nommer «les mains noires»

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Après l’élimination précoce à la CAN 2025, le temps des insinuations est révolu. En évoquant des « mains noires » et des pressions dans la tanière, le désormais ex-sélectionneur national, Thierry Mouyouma, a ouvert une brèche. Qu’il la referme par la vérité, ou qu’il assume pleinement un échec désormais collectif. Le pays exige des réponses, pas des sous-entendus.

Des allusions graves qui appellent des preuves. Au sortir de l’ultime débâcle, Thierry Mouyouma a choisi la voie du clair-obscur : des mots lourds, des responsables flous. « Mains noires », « pressions », « difficultés de travail ». À ce stade, ces allusions ne protègent ni l’équipe ni l’institution ; elles jettent le soupçon sur tout le monde. Si des pressions existent sur les listes, les temps de jeu ou la gestion du vestiaire, elles doivent être nommées. Sinon, elles ne sont que l’écran de fumée d’un mandat raté.

Où sont les pressions ? Qui les exerce ?

La question est simple et brutale : d’où viennent ces interférences ? Au sein même de l’équipe nationale ? À la Fédération gabonaise de football ? Du Ministère des Sports ? Ou jusque dans les couloirs de la Présidence de la République ?

À force de ne pas trancher, on salit tout le monde. Le courage, ici, consiste à dresser la liste. Les responsables de ces bassesses, s’ils existent, doivent être désignés et écartés. C’est le minimum pour restaurer la crédibilité de la sélection.

Un refrain déjà entendu

Ce n’est pas la première fois que ce poison est dénoncé. Patrice Neveu l’avait déjà évoqué, à mots couverts. Rien n’a changé. Et sous Mouyouma, les faits sont têtus : aucune ossature stable, des expérimentations à répétition, une identité de jeu introuvable. Les excuses structurelles, absence de championnat, vivier réduit, ne suffisent plus à masquer l’impréparation.

Assumer, enfin

À la fin, ce sont les mêmes visages que l’opinion pointe : Pierre-Emerick Aubameyang, Bruno Ecuele Manga, et le sélectionneur lui-même. Les joueurs portent leur part. Le staff aussi. Mais le chef d’orchestre ne peut se défausser indéfiniment.

Deux options s’imposent désormais : Dire la vérité, noms et faits à l’appui, et provoquer le nettoyage nécessaire. Prendre ses responsabilités et assumer son échec. Le pays a trop perdu de temps. La CAN 2025 n’est pas un accident ; c’est l’aboutissement d’un pilotage sans cap. Les noms sont entendus. La dignité du football gabonais l’exige.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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