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Fonds RES : 270 millions USD rapatriés, le Gabon veut muscler les réserves de change

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En décidant de rapatrier 270 millions de dollars issus des Fonds de Remise en État des Sites (RES), le Gabon envoie un signal fort en faveur de la souveraineté monétaire et de la stabilité financière régionale. Une orientation clairement assumée par le ministre de l’Économie et des Finances, Thierry Minko, qui entend faire de la domiciliation des devises un pilier du redressement macroéconomique.

Dans un contexte de pressions extérieures accrues sur les réserves de change de la zone CEMAC, la question du rapatriement des devises issues des activités extractives revient au cœur du débat économique. Pour le gouvernement gabonais, il ne s’agit plus d’une simple option technique, mais d’un choix stratégique.

Le rapatriement des devises comme acte de souveraineté

Interrogé sur l’importance de cette mesure, Thierry Minko est sans ambiguïté : le rapatriement des devises allouées aux Fonds RES miniers et pétroliers « renforce directement les réserves de change de la zone, soutient la stabilité de la monnaie commune et réduit le risque d’ajustements monétaires ». Autrement dit, il s’agit d’un levier concret pour consolider le FCFA et préserver la crédibilité financière de la CEMAC.

En décidant de rapatrier 270 millions de dollars américains de fonds RES détenus par la compagnie nationale, l’État gabonais a, selon le ministre, « montré l’exemple ». Une démarche qui s’inscrit dans une logique de responsabilité régionale et de protection des équilibres macroéconomiques.

Entraîner les acteurs extractifs dans la dynamique

Au-delà de l’exemple donné par l’État, l’exécutif souhaite désormais entraîner l’ensemble des opérateurs du secteur extractif dans cette dynamique. La domiciliation des recettes issues des activités minières et pétrolières est présentée comme une condition essentielle pour stabiliser la balance des paiements et réduire la vulnérabilité de la région face aux chocs externes.

Dans cette optique, des concertations doivent être relancées entre la Banque des États de l’Afrique centrale, les États membres et les entreprises extractives, afin de rendre pleinement opérationnelle la mesure relative aux Fonds RES. L’objectif affiché est clair : transformer une obligation réglementaire en pratique effective et partagée.

Stabilité régionale et message aux marchés

Pour Thierry Minko, l’enjeu dépasse largement le cadre national. En renforçant les réserves de change, le rapatriement des devises contribue à la stabilité monétaire de toute la zone CEMAC, à un moment où la discipline budgétaire et la cohérence des politiques économiques sont scrutées de près par les partenaires financiers et les marchés.

« Il y va de l’intérêt de tous », insiste le ministre, appelant les opérateurs extractifs à adhérer à cette directive, non comme une contrainte supplémentaire, mais comme une garantie de stabilité et de prévisibilité du cadre macroéconomique.

À travers cette stratégie, le Gabon entend ainsi lier plus étroitement souveraineté monétaire, responsabilité des acteurs économiques et crédibilité régionale. Une approche assumée, qui place la gestion des devises au cœur de l’architecture de redressement financier engagée par les autorités.

Morel Mondjo Mouega

Titulaire d'une Licence en droit, l'écriture et la lecture sont une passion que je mets au quotidien au profit des rédactions de Gabon Media Time depuis son lancement le 4 juillet 2016 et de GMTme depuis septembre 2019. Rédacteur en chef

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