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Fonction publique : de 13 000 à seulement 1756 « agents fantômes », vraiment ?

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Alors que le gouvernement gabonais avait initialement annoncé plus de 13 000 cas d’abandons de poste fin 2024 sous la coupole de Raymond Ndong Sima, les chiffres récents font état de seulement 1 756 agents concernés. Un écart vertigineux qui suscite l’incompréhension de l’opinion publique alors même qu’aucune communication visant à édifier sur la déclassification de ces indélicats en agents assidus n’a fuité. 

Le Gabon est-il en train de réussir son opération « mains propres » au sein de l’administration, ou assistons-nous à un rétropédalage inexpliqué ? Le 25 octobre 2024, une vaste campagne de recensement physique avait été lancée pour contraindre les fonctionnaires à justifier leur salaire. Cette initiative faisait suite à un audit choc publié à la mi-septembre par la Primature, révélant que 13 000 agents publics percevaient indûment leurs émoluments.

Un écart de chiffres qui interpelle

Il faut se le dire sans ambages, c’est ici que le bât blesse. Alors qu’à la suite d’une visite inopinée du Chef de l’État au ministère de la Fonction publique, il était dénoncé en mondo vision l’absentéisme notoire des agents publics, le nouveau bilan communiqué par le gouvernement est aux antipodes de cet élan. En effet, sur 13 000 vraix faux agents, d’un point de vue de l’effectivité au poste, il ne resterait plus que 1 756 agents indélicats.

Comment expliquer que près de 11 000 fonctionnaires se soient « volatilisés » de la liste des fraudeurs en quelques semaines ? En retirant les décès, est-il crédible que plus de 8 000 agents aient pu, comme par enchantement, justifier des années d’absence après les dénonciations de l’ancien Premier ministre de la Transition, Raymond Ndong Sima ? Cet écart est de nature à nourrir davantage de suspicions que de certitudes pour les observateurs de la vie publique gabonaise.

L’État condamné à réagir efficacement et vite !

De là, des interrogations légitimes au sein de la population surgissent avec acuité. Qui encaissait réellement les salaires ? Si ces agents n’étaient pas à leur poste mais ont fini par justifier leurs absences, qui a bénéficié des fonds émis par le Trésor public pendant tout ce temps ? Quelle suite judiciaire ? Le Vice-président du gouvernement Hermann Immongault semble déterminé à frapper un grand coup. Mais l’enquête ira-t-elle jusqu’au bout pour établir les responsabilités ?

Pour les milliers de jeunes Gabonais diplômés en attente d’un poste budgétaire, cette situation est perçue comme une injustice flagrante. La solution idoine serait donc de radier définitivement les fraudeurs pour libérer des ressources et des places pour ceux qui souhaitent réellement servir l’État. Le gouvernement de la 5eme République joue ici sa crédibilité. La radiation de ces 1 756 agents est un premier pas. Le préjudice causé à l’État doit être quantifié et, surtout, réparé.

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

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