FMI : Thierry Minko promet un programme «sur mesure fait par les Gabonais»
Alors que l’annonce de négociations avec le Fonds monétaire international continue d’alimenter inquiétudes et procès d’intention, le ministre de l’Économie et des Finances, Thierry Minko, s’emploie à désamorcer la peur d’un retour aux programmes d’ajustement structurel. Pour le gouvernement, le futur accord avec le Fonds monétaire international ne sera ni imposé, ni aveugle, mais pensé par et pour le Gabon.
Intervenant dans un contexte de fortes tensions budgétaires et de contraintes régionales accrues, le ministre assume une décision « courageuse », prise au plus haut niveau de l’État. L’objectif affiché est clair : restaurer durablement la crédibilité financière du Gabon, stabiliser ses finances publiques et renforcer sa position au sein de la zone CEMAC, sans sacrifier les priorités sociales.
Un programme conçu par les Gabonais
Face aux craintes d’un scénario à l’ancienne, coupes budgétaires brutales, gel des dépenses sociales, compression des salaires, Thierry Minko se veut catégorique : «le programme avec le FMI sera avant tout le programme du Gabon ». Autrement dit, un cadre négocié, aligné sur le projet de société du Chef de l’État, Bâtissons un édifice nouveau, et non un catalogue de recettes importées.
Le ministre insiste sur un point central : il n’est pas question d’ajustements procycliques qui aggraveraient les difficultés sociales. La protection des dépenses sociales, notamment dans l’éducation, la santé et les services publics essentiels, constitue un socle non négociable des discussions à venir.
Crédibilité financière et financements concessionnels
Dans la lecture gouvernementale, le FMI est d’abord un partenaire de crédibilité. L’accord attendu doit permettre au Gabon d’accéder à des financements concessionnels, d’améliorer la gestion de la dette et de servir de levier pour mobiliser des appuis budgétaires auprès d’autres bailleurs. Ces ressources doivent soutenir la stabilisation macroéconomique, tout en finançant des investissements structurants.
Cette démarche, explique Thierry Minko, a déjà produit un effet signal positif. Les marchés et les investisseurs internationaux y voient un engagement politique fort en faveur de la transparence, de la discipline budgétaire et de la bonne gouvernance des finances publiques.
Discipline CEMAC et cohérence budgétaire
L’autre enjeu majeur réside dans la cohérence avec les règles communautaires de la CEMAC. Le ministre rappelle que la trajectoire budgétaire du Gabon doit contribuer à la consolidation de la position extérieure de la zone et à la stabilité du franc CFA. C’est dans cette logique que s’inscrit la volonté d’assurer une parfaite compatibilité entre le futur programme FMI et la loi de finances 2026.
Une loi de finances rectificative n’est d’ailleurs pas exclue, afin d’ajuster les hypothèses macroéconomiques, renforcer l’effectivité du recouvrement des recettes et s’assurer de la maturité des projets d’investissement retenus.
Mettre fin aux procès d’intention
Pour Thierry Minko, le débat autour du FMI doit sortir des caricatures. « Il ne s’agit ni d’une tutelle, ni d’un abandon de souveraineté », martèle-t-il, mais d’un outil au service d’une stratégie nationale de redressement. Le FMI est appelé à « challenger » la solidité du programme gabonais, non à le dicter.
En filigrane, le message est politique autant qu’économique : le Gabon assume de se soumettre à une discipline collective pour mieux reconstruire sa crédibilité, tout en refusant toute thérapie de choc qui ferait payer aux populations le prix des déséquilibres passés. Une ligne de crête délicate, mais que le ministre dit vouloir tenir sans ambiguïté.









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