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«Flottes fantômes» : le Gabon reprend le contrôle de son pavillon

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Après le scandale des navires dits « fantômes » immatriculés sous pavillon gabonais pour contourner des sanctions internationales, les autorités ont décidé de reprendre en main la gestion du registre maritime. Selon notre confrère L’Union dans sa parution du 1er avril 2026, plusieurs mesures structurelles ont été engagées pour assainir le système, renforcer le contrôle et sécuriser les revenus liés à ce secteur stratégique.

Le Gabon semble avoir tiré les leçons d’une affaire qui avait entaché la crédibilité de son pavillon maritime sur la scène internationale. Entre novembre 2024 et septembre 2025, la gestion externalisée du registre à une société basée à Dubaï avait favorisé des dérives, notamment l’immatriculation de navires liés à la « flotte fantôme » russe.

Un système fragilisé par l’externalisation

Comme le rappelle notre confrère L’Union, cette situation avait fortement limité la capacité de l’État gabonais à exercer un contrôle effectif sur les dossiers d’immatriculation et les inspections. Selon certaines analyses, près de 95 navires auraient été concernés par ces pratiques.

Une étude de la Kyiv School of Economics avait d’ailleurs pointé le rôle indirect du Gabon dans ces mécanismes de contournement des sanctions internationales, mettant en lumière les failles d’un système largement dépendant d’intermédiaires étrangers.

Une reprise en main progressive par l’État

Face à ces dérives, les autorités gabonaises ont engagé un processus de reprise en main du registre maritime. Un bureau d’immatriculation a ainsi été installé au troisième étage de l’immeuble Santullo à Libreville, placé sous la supervision directe de la Marine marchande et du ministère des Transports.

Par ailleurs, un mécanisme de double validation des navires entre Libreville et Dubaï a été instauré afin de renforcer la conformité aux normes internationales et d’éviter toute nouvelle dérive.

Assainissement et sécurisation des revenus

Au-delà du contrôle administratif, cette réforme vise également à améliorer la gouvernance financière du secteur. L’introduction du Guichet unique de paiement (GUP) devrait permettre d’optimiser le recouvrement des recettes et de réduire les pertes estimées entre 15 et 20 % sous l’ancien système.

L’assainissement engagé passe également par la radiation des navires non conformes ou sous sanctions internationales. Si cette opération entraîne une perte immédiate en volume, elle permet néanmoins de restaurer la crédibilité du pavillon gabonais et d’éviter d’éventuelles sanctions ou boycotts dans les ports internationaux.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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