EMA‑i+ et EMPRES+ : deux applications pour surveiller les maladies animales et prévenir les zoonoses

La surveillance des maladies animales au Gabon franchit le cap de l’ère numérique. Le gouvernement, avec l’appui de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a lancé le 5 mars dernier l’application EMA-i+ et la plateforme nationale EMPRES+. Deux dispositifs qui visent à moderniser la détection des maladies animales et à renforcer la prévention des zoonoses, ces infections transmissibles de l’animal à l’être humain. La cérémonie de lancement s’est tenue en présence de représentants de l’administration et de partenaires internationaux comme la Banque africaine de développement et le Centre régional d’Africa CDC pour l’Afrique centrale.
Le déploiement de ces outils répond à une nécessité due à la situation géographique stratégique du Gabon. Situé au cœur du bassin du Congo, l’un des espaces de biodiversité les plus riches de la planète, le Gabon est confronté à de nombreuses interactions entre faune sauvage, élevage domestique et populations humaines. Ces contacts favorisent l’apparition de maladies émergentes pouvant menacer la santé publique, l’économie rurale et la sécurité alimentaire. Pour les autorités, accélérer la détection des foyers infectieux constitue une priorité afin de prévenir d’éventuelles crises sanitaires.
Une surveillance sanitaire numérique et coordonnée
Selon les concepteurs, l’application mobile EMA-i+ permet aux agents de terrain de signaler immédiatement un cas suspect, d’envoyer des données géolocalisées ou des photos et de renseigner des informations même sans connexion Internet. Les données sont ensuite centralisées sur la plateforme EMPRES+, qui offre aux autorités un tableau de bord permettant d’analyser les alertes et de déclencher rapidement des interventions. Une phase pilote est actuellement menée dans deux départements des provinces de l’Estuaire et du Moyen-Ogooué. Des formations ont déjà été organisées pour les équipes techniques et une feuille de route nationale a été définie.
Lors de la cérémonie, son représentant au Gabon, Cyprien Biaou, représentant de la FAO a souligné l’importance d’une information sanitaire rapide et fiable. « La rapidité et la fiabilité de l’information sont déterminantes : elles permettent de sauver des vies, de protéger les moyens d’existence et de préserver le bien commun », a-t-il déclaré. Le projet mise également sur l’implication des communautés rurales, souvent premières témoins d’événements sanitaires inhabituels. Grâce à cette approche collaborative et à la stratégie « One Health », reliant santé humaine, animale et environnementale, les autorités espèrent renforcer la prévention des maladies et protéger à la fois les populations, l’élevage et la faune sauvage.










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