Gouvernement Oligui Nguema II : la prime à l’expérience, sous obligation de résultats
En maintenant plusieurs figures clés de l’ancienne équipe gouvernementale, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a fait le choix d’une continuité encadrée plutôt que d’une rupture radicale. Une option stratégique à l’heure où le Gabon referme officiellement la parenthèse de la Transition et entre dans une phase d’action attendue.
La nouvelle architecture gouvernementale traduit un message politique clair : capitaliser sur l’expérience tout en exigeant des résultats mesurables. Les trois postes de ministres d’État sont maintenus, mais réajustés, signe d’une volonté de stabilité institutionnelle sans renoncer aux corrections nécessaires.
Des ministres d’État reconduits, des portefeuilles stratégiques confirmés
À la tête des Transports, de la Marine marchande et de la Logistique, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi conserve son rang de ministre d’État. Une reconduction qui confirme la centralité de ce portefeuille dans la dynamique économique et infrastructurelle du pays, à l’heure des grands chantiers logistiques et de la modernisation des corridors.
Même logique à la Défense nationale, où Brigitte Onkanowa voit son poids politique renforcé par son maintien et sa promotion au rang de ministre d’État. Un signal de continuité dans un secteur régalien sensible, au cœur des priorités sécuritaires nationales.
Quant à l’Éducation nationale, le portefeuille de Camelia Ntoutoume-Leclercq est redimensionné. Elle devient ministre d’État de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique, tandis que la Formation professionnelle est désormais rattachée au ministère du Travail. Un recentrage qui vise une meilleure articulation entre formation et emploi, dans un contexte de chômage des jeunes et de réformes structurelles attendues.
Continuité assumée, exigence renforcée
Au-delà des ministres d’État, Hermann Immongault, élevé au rang de vice-président du Gouvernement, incarne la volonté du chef de l’État d’assurer une coordination renforcée de l’action gouvernementale. Par ailleurs, douze ministres sont reconduits, certains conservant leurs portefeuilles, d’autres étant mutés, dans une configuration pensée pour garantir le suivi des dossiers en cours tout en procédant à des ajustements ciblés.
Pour une opinion publique en quête de changements tangibles, ces reconductions ne sont pas neutres. Elles installent les ministres maintenus dans la durée et, ce faisant, suppriment toute excuse liée à la Transition. Désormais, la crédibilité de l’équipe gouvernementale se mesurera à sa capacité à transformer les annonces en améliorations concrètes du quotidien des Gabonais.
Une ligne de crête sous surveillance citoyenne
Entre stabilité institutionnelle et exigence de performance, le nouveau gouvernement avance sur une ligne de crête. Le choix de la continuité engage une responsabilité accrue : produire des résultats, rapidement et visiblement. À défaut, la « prime à l’expérience » pourrait se transformer en procès politique. Les Gabonais, eux, observent et attendent.









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