A La UneDerniers articlesPOLITIQUE

Élections 2025 : Wenceslas Mamboundou attendu sur la liste des noms des fraudeurs !

Ecouter l'article

Après les élections législatives et locales du 27 septembre 2025, les Gabonais ont entendu un long inventaire de dysfonctionnements, d’irrégularités et de délits électoraux. Mais une question centrale demeure sans réponse : qui a fraudé ? Déclarer, constater et recommander ne suffit plus. Pour refonder durablement la démocratie, il faut identifier les auteurs, les sanctionner pénalement et politiquement. Le président de la République l’a dit. L’opinion attend désormais des actes. Wenceslas Mamboundou, les noms sont attendus.

Les mots sont là. Les faits aussi. Dans sa communication officielle, Wenceslas Mamboundou, président de l’Autorité de contrôle des élections et du référendum (ACER), a dressé un tableau préoccupant du scrutin des 27 septembre 2025 : cartes d’électeurs distribuées tardivement, listes absentes, procurations irrégulières, intrusions de candidats dans les bureaux de vote, violences, destructions de matériel électoral, obstruction aux missions de contrôle, jusqu’à des annulations ciblées de bureaux et de sièges électoraux au Gabon comme à l’étranger.

Le diagnostic est lourd. Les irrégularités sont documentées. Les sanctions sont prévues par le Code électoral : amendes, peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à cinq ans. Pourtant, un silence persiste : aucun nom n’a été publiquement cité.

Constater n’est pas refonder

Le problème n’est plus juridique, il est politique et moral. Une démocratie ne se refonde pas par des communiqués, mais par des actes d’autorité. Tant que les auteurs de fraudes restent anonymes, l’impunité prospère et le soupçon s’installe. Or, la transition devait rompre avec les pratiques d’hier.

Dans son discours à la Nation, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a été clair : la fermeté sera de mise, et les atteintes à la sincérité du vote ne sauraient être tolérées. Cette fermeté implique une chose essentielle : nommer, poursuivre et sanctionner. Y compris par des mesures politiques fortes, comme l’interdiction de se porter candidat pour les auteurs de délits électoraux avérés.

Des fraudes sans fraudeurs ?

À force de répéter que les incidents relèvent de « défaillances organisationnelles » ou de « comportements individuels répréhensibles », le message devient ambigu. Car des procurations frauduleuses, des destructions de matériel, des violences organisées ou des intrusions de candidats ne sont pas des abstractions. Ce sont des actes commis par des personnes identifiables : candidats, commissaires électoraux, présidents de bureaux de vote, militants.

L’ACER affirme que des poursuites seront engagées. Très bien. Mais quand ? Contre qui ? Avec quelles suites judiciaires et administratives ? La crédibilité du processus électoral repose désormais sur cette réponse.

L’épreuve de vérité pour l’ACER

L’Autorité de contrôle est à un tournant. Elle ne peut se contenter d’être un organe de constatation technique. Elle est attendue comme un instrument de moralisation de la vie politique. Publier les noms des fraudeurs, transmettre clairement les dossiers à la justice, suivre l’exécution des sanctions : voilà le véritable test de son indépendance et de son utilité républicaine.

Car sans sanctions visibles, les prochaines échéances électorales porteront les mêmes germes de défiance. Et la promesse de refondation démocratique restera un slogan.

La fermeté ou le retour des vieux démons

Les Gabonais ont voté, observé, dénoncé. Ils ont entendu les constats. Ils attendent désormais des responsabilités établies. La transition ne peut se permettre une demi-mesure : la démocratie ne se reconstruit pas avec des fraudeurs anonymes.

La balle est dans le camp de l’ACER. Wenceslas Mamboundou, les noms sont attendus.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GMT TV

[youtube-feed feed=2]
Bouton retour en haut de la page