Éducation nationale : face à la grève, le gouvernement ouvre une commission interministérielle de crise
Paralysé depuis le 5 janvier 2026 par une grève des enseignants à la reprise du deuxième trimestre de l’année académique 2025-2026, le système éducatif gabonais entre dans une phase de dialogue formel. Ce mardi 13 janvier à Libreville, le gouvernement va procéder à l’ouverture officielle de la Commission interministérielle tripartite chargée du traitement des situations administratives et financières des agents de l’Éducation nationale.
Une réponse politique à une crise sociale persistante. C’est au complexe d’Alibandeng, à Libreville, que se tient la cérémonie d’ouverture de cette commission, présentée comme une réponse directe à la levée de boucliers du corps enseignant. Depuis plus d’une semaine, écoles et lycées publics tournent au ralenti, conséquence de revendications anciennes restées sans règlement durable : situations administratives non régularisées, rappels de solde impayés, intégration tardive ou incomplète de nombreux agents.
Le chronogramme officiel traduit la volonté de donner à cette initiative un caractère solennel et structuré. Après l’arrivée des responsables de l’administration éducative et des membres du gouvernement, la cérémonie sera marquée par le mot de bienvenue de la ministre d’État chargée de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume-Leclercq, suivi de l’intervention du représentant des partenaires sociaux et de la lecture du rapport des travaux de la pré-commission.
Le Vice-président du gouvernement en première ligne
Moment central de la matinée, le discours d’ouverture sera prononcé par le Vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, signifiant l’implication directe de la coordination gouvernementale dans la gestion de la crise. À travers cette commission tripartite – réunissant gouvernement, administration et partenaires sociaux – l’exécutif entend créer un cadre de discussions techniques, mais aussi politiques, autour des dossiers jugés les plus sensibles.
La mise en place des commissions de travail dès la fin de la cérémonie, avec un début effectif des travaux à 11 heures, souligne l’urgence affichée par les autorités. Les échanges doivent se poursuivre toute la journée, avec une reprise des travaux l’après-midi, signe d’une volonté de ne pas se limiter à un simple effet d’annonce.
Entre attentes des enseignants et crédibilité de l’État
Si l’ouverture de cette commission est perçue comme un signal d’apaisement, elle reste observée avec prudence par les enseignants grévistes. Pour nombre d’entre eux, seule la traduction concrète des discussions en décisions exécutoires – paiements effectifs des vacations, actes administratifs signés, calendriers clairs – permettra de juger de la sincérité de la démarche.
Au-delà du secteur éducatif, l’enjeu est institutionnel. La capacité du gouvernement à régler durablement cette crise conditionne non seulement la reprise des cours, mais aussi la crédibilité de l’État face à des revendications sociales récurrentes. À l’heure où l’éducation est présentée comme un pilier de la refondation nationale, la commission ouverte ce 13 janvier est attendue sur un résultat clair : sortir l’école gabonaise de l’impasse.








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