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Dr. Annick Sounda : «Beaucoup pensent encore que l’épilepsie est liée à la sorcellerie»

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À l’occasion de la Journée mondiale de l’épilepsie célébrée le 9 février 2026, le Dr Annick Sounda, neurologue-épileptologue au Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL), a porté une parole forte et pédagogique. À travers une interview, la spécialiste a levé le voile sur cette maladie encore entourée de nombreux préjugés, tout en mettant en avant les efforts engagés pour améliorer la prise en charge des patients au Gabon.

L’épilepsie est, selon la Ligue internationale contre l’épilepsie, une affection neurologique chronique caractérisée par la répétition de crises liées à un dysfonctionnement de l’activité électrique du cerveau. « Une personne est considérée comme épileptique lorsqu’elle présente au moins deux crises espacées de 24 heures, ou une seule crise avec un risque élevé de récidive. Che  Ils y assurent des consultations quotidiennes chez l’enfant, on parle parfois de syndrome épileptique» a expliqué le Dr Annick Sounda, indiquant que cette pathologie fréquente, touche près de 50 millions de personnes dans le monde.

Briser les tabous et lutter contre la stigmatisation

Malgré les avancées médicales, l’épilepsie reste au Gabon, comme ailleurs, victime de croyances erronées. « Beaucoup pensent encore que l’épilepsie est liée à la sorcellerie ou à un mauvais sort », déplore le Dr Annick Sounda. À cela s’ajoute une autre idée fausse tenace notamment celle de la contagion.  Pourtant, la neurologue-épileptologue rappelle que  «l’épilepsie n’est ni mystique, ni religieuse, encore moins contagieuse ». Ces fausses perceptions contribuent à la marginalisation et à la stigmatisation des patients, en particulier des enfants souvent déscolarisés à cause de la maladie.

Pourtant sur le plan médical, le Gabon dispose d’un cadre de prise en charge structuré au sein du service de neurologie du CHUL, dirigé par le Pr Kouna Philomène. « C’est au sein du service neurologie qu’on retrouve les neurologues épileptologues, donc des spécialistes de l’épilepsie. Au Gabon, il y en a six, la majorité se trouve ici et il y en a deux dans d’autres CHU de Libreville » a-t-elle confié précisant que ces spécialistes y assurent des consultations quotidiennes.

Une prise en charge possible et des actions concrètes

Grâce à la CNAMGS, la majorité des médicaments antiépileptiques est prise en charge, tout comme certains examens complémentaires. Le Dr Annick Sounda rappelle que près de 70 % des épilepsies peuvent être contrôlées par un traitement, à condition qu’il soit pris de manière régulière. En cas de mauvaise observance, les crises se répètent, avec des conséquences lourdes, notamment chez l’enfant à savoir, les difficultés d’apprentissage, troubles cognitifs et un impact durable sur l’avenir scolaire et social.

Placée sous le thème « Transformer les histoires en action », l’édition 2026 de la Journée mondiale de l’épilepsie a été l’occasion pour la Société gabonaise de neurologie de passer à l’acte. Des consultations gratuites sont prévues le samedi 14 février prochain à la paroisse Saint-Christophe d’Okala Avorbam dans la commune d’Akanda, avec la distribution d’anti épileptiques offerts par la Fraternité des Pèlerins. Un geste symbolique, choisi en cette journée de l’amour, pour rappeler un message essentiel : l’épilepsie n’est pas une fatalité et les personnes qui en vivent méritent soutien, dignité et inclusion.

Geneviève Dewuno Edou

Diplômée en journalisme,je suis chargée des rubriques Santé en plus d’être l’une des voix derrière de nombreux reportages de GMTtv. L'écriture, la pose de voix, la présentation du Journal télévisé sont les principales tâches que j’exécute et pour lesquelles je mets mes capacités au quotidien au profit de la rédaction de Gabon Media Time.

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