Dialogue social : le gouvernement réforme en profondeur le régime des organisations syndicales
Réuni le 26 février 2026 sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema, le Conseil des ministres a adopté un projet d’ordonnance fixant le régime des organisations professionnelles des personnels régis par le Code du travail. Porté par la ministre du Travail, Jacqueline Ilogue épouse Bignoumba, le texte vise à encadrer plus strictement la représentativité syndicale et à renforcer la transparence dans l’action des organisations.
L’exécutif entend restructurer le paysage syndical. Parmi les projets de textes examinés lors du Conseil des ministres figure une ordonnance destinée à combler un vide juridique et à assainir l’action syndicale en République gabonaise. Présenté par Jacqueline Ilogue épouse Bignoumba, ministre du Travail, du Plein emploi, du Dialogue social et de la Formation professionnelle, le texte introduit une série de mécanismes destinés à redéfinir les règles du jeu dans les relations professionnelles.
Mettre fin aux « syndicats de circonstance »
Premier levier annoncé : la fixation de critères de constitution plus rigoureux. L’objectif est d’éviter la prolifération d’organisations qualifiées de « syndicats de circonstance », souvent accusées de fragmenter la représentation des travailleurs. Cette exigence vise à structurer davantage le paysage syndical et à limiter les contestations de légitimité lors des négociations collectives.
Deuxième innovation majeure : l’institutionnalisation des élections professionnelles comme baromètre exclusif de la représentativité syndicale.
Désormais, la légitimité des organisations devrait reposer sur des résultats électoraux formalisés, et non plus sur de simples déclarations d’existence. Une réforme qui pourrait rebattre les cartes au sein des centrales syndicales.
Transparence et neutralité politique exigées
Le projet impose également des obligations renforcées de transparence et de reddition des comptes, notamment en ce qui concerne l’usage des subventions publiques. Par ailleurs, le texte réaffirme le principe d’indépendance syndicale en garantissant la neutralité des organisations vis-à-vis des courants politiques. Un point sensible dans un contexte où les liens entre sphère politique et mouvement syndical font régulièrement débat.
Vers un syndicalisme de participation ?
Pour le gouvernement, cette réforme doit permettre de passer d’un syndicalisme de confrontation à un syndicalisme de participation responsable, présenté comme un gage de paix sociale et d’attractivité économique.
Dans un climat marqué par des tensions sociales récurrentes, l’encadrement du champ syndical apparaît comme un chantier stratégique. Reste à mesurer l’accueil que réserveront les organisations professionnelles à ce nouveau cadre, appelé à redéfinir durablement les rapports entre État, employeurs et travailleurs.








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