Derniers articlesECONOMIE

Dette publique : Thierry Minko dévoile la stratégie 2026 entre prêts concessionnels et marché sous-régional

Ecouter l'article

Face à un encours de dette estimé à 8 560 milliards de FCFA à fin octobre 2025, le gouvernement affine sa doctrine d’endettement. Objectif affiché par le ministre de l’Économie et des Finances, Thierry Minko : financer les investissements structurants sans compromettre la soutenabilité financière ni la crédibilité du Gabon sur les marchés.

Dans un contexte marqué par des marges d’endettement plus étroites et une vigilance accrue des partenaires financiers, l’exécutif assume un cap de prudence. Pour 2026, l’endettement n’est pas envisagé comme une fuite en avant, mais comme un levier ciblé au service des projets prioritaires de l’État. « Il ne s’agit pas d’emprunter pour emprunter », insiste le ministre, qui rappelle que chaque nouvel engagement doit répondre à un impératif clair de maturité, de coût maîtrisé et d’impact économique.

Cette approche s’inscrit dans une logique de gestion active des risques. Risque de change, risque de taux et risque de refinancement constituent désormais des paramètres centraux dans l’arbitrage des financements. Le message est sans ambiguïté : la transformation économique du pays ne saurait se faire au prix d’une fragilisation macroéconomique.

Priorité aux partenaires multilatéraux et au financement sans risque de change

Dans le détail, la stratégie d’endettement 2026 repose sur deux piliers. D’abord, un recours prioritaire aux partenaires multilatéraux, via des prêts concessionnels ou semi-concessionnels. Ces instruments offrent des conditions financières plus favorables, tant en termes de taux que de maturité, et permettent de contenir le coût global de la dette.

Ensuite, le marché financier sous-régional est appelé à jouer un rôle central, à hauteur d’environ 60 % des nouveaux financements. Un choix assumé, car il ne comporte pas de risque de change et contribue au développement de l’épargne régionale. « C’est un financement plus stable, compatible avec les contraintes de la zone CEMAC », souligne le ministre, tout en rappelant la nécessité d’une prévisibilité accrue dans les émissions souveraines.

Un signal positif envoyé aux marchés

Au-delà des principes, les premiers signaux semblent encourageants. Sur les marchés internationaux, le spread des titres gabonais s’établit désormais autour de 790 points de base, contre environ 1 060 points avant l’annonce de l’ouverture des discussions avec le FMI et du rapatriement partiel des fonds de Remise en État des Sites (RES). Une évolution interprétée comme un regain de confiance dans la trajectoire budgétaire du pays.

Pour Thierry Minko, cette réaction confirme la pertinence de la stratégie engagée : discipline, transparence et cohérence. Trois mots-clés pour rassurer les marchés, tout en finançant l’avenir sans hypothéquer les générations futures.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GMT TV

[youtube-feed feed=2]
Bouton retour en haut de la page