Derniers articlesECONOMIE

Déficit 2026 : Thierry Minko alerte sur la soutenabilité et prépare une révision budgétaire

Ecouter l'article

Avec un déficit projeté autour de 6 % du PIB, le budget 2026 place l’État face à un impératif de discipline macroéconomique. Sans dramatiser, le ministre de l’Économie et des Finances, Thierry Minko, reconnaît la contrainte et assume la nécessité d’arbitrages, quitte à recourir à une loi de finances rectificative pour préserver la crédibilité financière du Gabon.

À la lecture des équilibres du budget 2026, le constat est clair : le besoin de financement demeure élevé et interroge la soutenabilité de la trajectoire budgétaire. Estimé à environ 6 % du PIB, le déficit dépasse les seuils de confort dans un contexte régional déjà marqué par des tensions sur la position extérieure de la CEMAC. Pour le ministre, il ne s’agit ni de nier la réalité ni de céder à l’alarmisme, mais de poser un diagnostic lucide.

Le déficit, rappelle-t-il, « n’est pas en soi un facteur de risque » dès lors qu’il finance des investissements productifs, capables de générer de la croissance et, à terme, des recettes nouvelles. Routes, énergie, eau, infrastructures sociales : ce sont ces dépenses structurantes que le gouvernement entend privilégier. Mais cette logique a une condition non négociable : la maîtrise du niveau global du déficit et de l’endettement.

Une discipline imposée par l’environnement régional

Au-delà des équilibres internes, la situation du Gabon s’inscrit dans un cadre communautaire exigeant. Un déficit élevé, combiné à un recours accru à l’emprunt, pèse mécaniquement sur la dette publique et sur la position extérieure de la zone CEMAC. Une équation que le gouvernement ne peut ignorer, au risque de fragiliser la stabilité macroéconomique et monétaire.

C’est précisément pour répondre à cette contrainte que l’exécutif a revu à la baisse l’enveloppe budgétaire initiale et envisage désormais des ajustements complémentaires. « La viabilité de nos finances publiques est un devoir », insiste le ministre, soulignant que la crédibilité du pays se joue aussi dans sa capacité à corriger sa trajectoire lorsque les hypothèses macroéconomiques évoluent.

La loi de finances rectificative comme outil de cohérence

Dans cette optique, une loi de finances rectificative apparaît comme un instrument de pilotage. Elle permettrait d’ajuster les dépenses à la maturité réelle des projets, de sécuriser le recouvrement des recettes et d’aligner le budget sur les impératifs de soutenabilité de la dette.

Pour Thierry Minko, l’enjeu est clair : concilier ambition de transformation et rigueur financière. Un exercice d’équilibriste, mais présenté comme la condition indispensable pour inscrire la croissance gabonaise dans la durée.

Karl Makemba

Engagé et passionné, Karl Makemba met son expertise et sa plume au service d’une information rigoureuse et indépendante. Fidèle à la mission de Gabon Media Time, il contribue à éclairer l’actualité gabonaise avec une analyse approfondie et un regard critique. "La liberté d'expression est la pierre angulaire de toute société libre." – Kofi Annan

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GMT TV

[youtube-feed feed=2]
Bouton retour en haut de la page