Coopération économique : les États-Unis lorgnent sur les ressources minières du Gabon
Le 4 décembre 2025 marque un tournant radical dans les relations entre les États-Unis et le continent africain, avec la publication tant attendue de la Stratégie de sécurité nationale (NSS 2025). Dans ce document, l’administration Trump abandonne l’approche traditionnelle d’aide au développement au profit d’un pragmatisme commercial axé sur les minerais critiques. Cette nouvelle orientation souligne la volonté de Washington de positionner le Gabon, deuxième producteur mondial de manganèse, au cœur d’une intense compétition stratégique contre l’influence grandissante de la Chine en Afrique.
La NSS 2025 définit un nouveau paradigme dans la coopération entre les États-Unis et les pays africains. Fini le temps des discours sur la charité : l’administration Trump évoque désormais des « relations mutuellement avantageuses », visant à sécuriser l’accès à des ressources essentielles pour la transition technologique et militaire américaine, telles que le cobalt, le lithium, les terres rares et le manganèse.
Dans ce cadre, les États-Unis cherchent à briser l’hégémonie de Pékin sur le continent, tout en se préparant à des enjeux logistiques majeurs.
Une priorité stratégique : l’Afrique
Dans ce contexte, l’Afrique est désignée comme un pivot clé de la résilience économique américaine. Au cœur de cette stratégie se trouve le développement de corridors miniers permettant d’optimiser l’extraction et le transport des ressources. Le projet Lobito, qui relie l’Angola, la Zambie et la République Démocratique du Congo (RDC), illustre cette ambition avec un objectif clair : multiplier par dix les capacités de transport pour réduire de 30 % les coûts d’exportation vers les États-Unis.
Des accords de coopération, tels que le partenariat « minerais contre sécurité » conclu avec la RDC, témoignent déjà de cette nouvelle dynamique. Ce partenariat, scellé le 5 décembre 2025, associe soutien sécuritaire à l’Est du pays à un accès préférentiel aux riches gisements de cobalt de la région. Parallèlement, la révision de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) prévoit l’intégration d’un volet spécifique : le Critical Minerals Agreement (CMA), renforçant ainsi les liens entre les États-Unis et les pays riches en ressources.
Le Gabon : un partenaire émergent pour les Etats-Unis
Bien que la RDC et l’Angola soient à l’avant-scène, le Gabon s’affirme comme un acteur stratégique incontournable dans cette reconfiguration. Avec l’une des plus grandes réserves mondiales de manganèse et des gisements de niobium, le pays est explicitement mentionné dans la stratégie américaine comme une cible prioritaire pour l’intégration au CMA.
Pour le Gabon, les enjeux sont doubles. D’une part, il est crucial d’attirer des investissements directs étrangers (IDE) américains dans des secteurs à haute valeur ajoutée, comme les infrastructures et l’énergie, notamment le nucléaire civil et le gaz naturel liquéfié (GNL). D’autre part, cette sollicitation de l’administration américaine constitue une opportunité pour diversifier ses partenariats, en s’éloignant des influences traditionnelles, y compris celle de la Chine, qui contrôle actuellement près de 80 % du raffinage des minerais critiques en Afrique.
La NSS 2025 ouvre un nouveau chapitre dans la coopération économique entre les États-Unis et le Gabon, plaçant ce dernier en position d’acteur clé dans la dynamique géopolitique actuelle. L’avenir rapproché promet d’importantes implications pour les relations économiques, politiques et stratégiques entre les nations africaines et Washington, avec pour toile de fond une compétition accrue pour le contrôle des ressources minérales critiques.









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