Contribution carbone : vers une explosion du prix des billets d’avion à l’international
Déjà confrontés à un ciel peu compétitif, alourdi par une accumulation de taxes et de redevances, les voyageurs gabonais pourraient bientôt subir une nouvelle hausse significative du prix des billets d’avion. En cause, l’introduction dans la Loi de finances 2026 de la « Contribution carbone », une taxe appliquée aux opérateurs des secteurs aérien et maritime. Présentée comme un instrument de transition écologique, cette contribution devrait rapporter près de 10 milliards de FCFA à l’État. Mais dans un secteur aérien déjà fragilisé, son impact pourrait se répercuter directement sur les tarifs pratiqués au départ et à destination du Gabon.
Selon le dispositif légal, la Contribution carbone vise à « internaliser le coût des émissions de gaz à effet de serre (GES) » générées par les opérateurs exerçant sur le territoire gabonais. Fixée à 10 700 FCFA par tonne de CO₂ émis, elle est directement prélevée par l’administration fiscale auprès des compagnies aériennes opérant des vols internationaux. Bien que certains aéronefs soient exonérés, notamment ceux effectuant des vols domestiques ou relevant de la compagnie porte-drapeau, la majorité des vols internationaux reliant Libreville aux grandes capitales africaines, européennes ou moyen-orientales sont concernés.
Un ciel gabonais déjà plombé par la fiscalité
Dans les faits, cette nouvelle taxe vient s’ajouter à un empilement fiscal que dénoncent depuis des années les compagnies aériennes. Redevances aéroportuaires élevées, taxes de sûreté, frais de navigation, contributions diverses, le « mal des taxes » constitue déjà un frein majeur à la compétitivité du ciel gabonais. La Contribution carbone représente un coût supplémentaire qui sera, presque mécaniquement, répercuté sur le prix final des billets. Résultat, des voyages plus chers pour les gabonais, déjà confrontés à des tarifs parmi les plus élevés de la sous-région.
L’impact pourrait également se faire sentir sur la fréquentation du ciel gabonais. À terme, certaines compagnies pourraient réduire leurs fréquences, voire reconsidérer certaines dessertes jugées peu rentables. Une telle évolution limiterait l’offre de transport aérien, réduisant la concurrence et accentuant la pression sur les prix. Pour les voyageurs gabonais, cela signifie moins de choix, des correspondances plus longues et un accès plus coûteux à l’international. Autre effet collatéral, et non des moindres, un secteur du tourisme davantage asphyxié. Alors que le Gabon ambitionne de se positionner comme une destination éco touristique de premier plan, l’augmentation potentielle du coût des billets internationaux risque de décourager une partie des visiteurs étrangers. Si la transition écologique est un impératif, son financement par une fiscalité additionnelle sur un secteur déjà asphyxié pourrait, paradoxalement, freiner l’ouverture du pays et plomber davantage un tourisme encore fragile.









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