Commission d’enquête sur la période 2018-2023 : Pacceli Bikoro rappelle la nécessité de faire aussi la lumière sur les violences d’août 2016
Alors que le député Jean Gaspard Ntoutoume Ayi a demandé la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur le fonctionnement de l’État entre 2018 et 2023, l’acteur politique Pacceli Bikoro appelle à ne pas occulter un autre épisode majeur de l’histoire politique récente du Gabon : les violences survenues en août 2016 au quartier général de Jean Ping à Libreville. Dans deux publications diffusées le 5 mars 2026 sur Facebook, il plaide pour une vérité complète sur ces événements.
La proposition du député Jean Gaspard Ntoutoume Ayi visant à créer une commission d’enquête parlementaire sur la gestion de l’État durant la période d’empêchement temporaire du président Ali Bongo Ondimba continue de susciter des réactions dans la classe politique gabonaise. Si l’initiative est jugée légitime par plusieurs observateurs, certains acteurs politiques appellent néanmoins à élargir le champ de la réflexion afin d’éviter toute lecture partielle de l’histoire récente du pays.
Le rappel des événements du QG de Jean Ping
C’est notamment la position exprimée par Pacceli Bikoro. Dans deux prises de position rendues publiques le 5 mars 2026, l’acteur politique estime que la démarche engagée au Parlement ne doit pas conduire à reléguer au second plan d’autres événements majeurs ayant marqué la vie politique nationale.
Dans sa première publication, Pacceli Bikoro affirme que la demande d’enquête parlementaire constitue une initiative « légitime » portée par le député Ntoutoume Ayi. Toutefois, il rappelle que plusieurs responsables politiques avaient déjà appelé à faire la lumière sur les violences survenues en août 2016 au quartier général de l’opposant Jean Ping à Libreville.
« Réclamer aujourd’hui une commission d’enquête parlementaire sur la gestion de l’État entre 2018 et 2023 est une initiative légitime portée par Jean Gaspard Ntoutoume Ayi. Mais cette démarche ne doit pas faire oublier les événements d’août 2016 au QG de Jean Ping, dont plusieurs d’entre nous ont été les témoins directs », écrit-il. Ces événements avaient eu lieu dans un contexte de fortes tensions politiques consécutives à l’élection présidentielle de 2016, dont les résultats avaient été contestés par l’opposition.
Une exigence de vérité pour les victimes
Dans une seconde publication, Pacceli Bikoro met en garde contre une approche qu’il juge sélective de l’histoire politique récente. Pour lui, une enquête parlementaire portant sur cinq années de gestion de l’État ne saurait ignorer les violences qui ont marqué la crise postélectorale de 2016. « Une enquête sur cinq années de gestion de l’État est une entreprise ambitieuse. Mais si elle devait conduire à survoler les événements d’août 2016, ce serait une faute morale et politique », affirme-t-il.
L’acteur politique estime que la mémoire des victimes impose un travail de vérité plus large, permettant de comprendre l’ensemble des événements qui ont conduit aux bouleversements institutionnels observés ces dernières années au Gabon.
Une mémoire politique encore sensible
Ces déclarations interviennent dans un contexte où la classe politique gabonaise s’interroge sur les mécanismes institutionnels ayant conduit à la crise politique qui s’est conclue par la prise de pouvoir du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) le 30 août 2023. Pour plusieurs analystes, les débats actuels autour de la création d’une commission d’enquête parlementaire traduisent une volonté de revisiter certaines séquences de l’histoire récente du pays afin d’en tirer les enseignements institutionnels.
Reste à savoir si les discussions parlementaires à venir intégreront cette dimension mémorielle plus large. Car pour une partie de l’opinion, la quête de vérité sur les dysfonctionnements passés ne saurait se limiter à une période précise sans prendre en compte les événements qui ont contribué à façonner le climat politique du Gabon au cours de la dernière décennie.










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