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CNNII : 19 mois d’arriérés, la compagnie nationale à l’arrêt

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La Compagnie Nationale de Navigation Intérieure et Internationale (CNNII) traverse une crise sociale d’une ampleur inédite. Après 19 mois d’arriérés de salaires, les agents ont déclenché une grève illimitée, paralysant le trafic maritime entre Port-Gentil et Libreville et faisant planer une menace directe sur l’approvisionnement national.

La situation est explosive au sein de la Compagnie Nationale de Navigation Intérieure et Internationale. À bout de ressources, les employés ont cessé toute activité, bloquant les quais de Port-Gentil et interrompant les rotations maritimes vers Libreville. En cause : 19 mois d’arriérés de salaires, une situation devenue intenable pour des agents plongés dans une précarité extrême.

Une détresse sociale à visage humain

Dans un geste aussi symbolique que désespéré, plusieurs agents ont élu domicile au siège de l’entreprise, dormant à même le sol pour alerter l’opinion publique. « Nous n’avons plus de quoi nourrir nos familles ni payer nos loyers », confient certains grévistes. La colère se mêle à l’épuisement, alors que les charges s’accumulent et que l’horizon demeure bouché.

Un arrêt aux conséquences nationales. Au-delà du conflit social, l’arrêt de la CNNII pose un problème stratégique. Port-Gentil, hub logistique du pays, dépend largement de la compagnie nationale pour le transport de passagers et de marchandises. La suspension des rotations menace désormais l’approvisionnement de Libreville, dans un contexte déjà fragilisé par des tensions sur le carburant et le gaz butane.

Des revendications qui dépassent les salaires. Les syndicats ne se limitent pas au paiement des arriérés. Ils exigent une refonte en profondeur de la gouvernance, dénonçant une gestion jugée opaque et le délabrement progressif de la flotte nationale. Une situation paradoxale, selon eux, qui contraint l’État à recourir à la location de navires étrangers pour assurer des missions de service public.

Après EBOMAF, une relance manquée ?

Cette crise survient quelques mois après la rupture du partenariat avec EBOMAF en août 2025, partenariat présenté à l’époque comme un levier de relance pour l’armateur national. Coïncidence ou conséquence directe de ce retrait ? La question alimente les débats et met en lumière les fragilités structurelles de la CNNII.

Alors que le pays fait face à des défis logistiques majeurs, la crise de la CNNII interpelle l’État sur l’urgence d’une réponse à la fois sociale et stratégique. Sans règlement rapide et sans réforme crédible, c’est un pan entier de la continuité territoriale gabonaise qui risque de s’enliser.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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