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Cémac : plus de 2 000 milliards de FCFA de créances douteuses fragilisent le financement de l’économie

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Malgré une progression notable des crédits accordés aux entreprises et aux ménages dans la zone Cémac ces dernières années, la qualité du portefeuille bancaire demeure préoccupante. Selon des données relayées par le quotidien L’Uniondans son édition du vendredi 6 mars 2026, les créances douteuses dépasseraient désormais les 2 000 milliards de FCFA, soit près de 16 % du total des crédits accordés dans la sous-région. Un niveau largement supérieur aux standards internationaux.

Dans l’espace de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac), le financement de l’économie a connu une progression sensible ces dernières années. Comme le souligne le quotidien L’Union, « les crédits accordés à l’économie ont atteint 12 500 milliards de FCFA entre 2020 et 2024 », traduisant une dynamique de financement relativement soutenue par les établissements bancaires de la sous-région. Cependant, derrière cette progression se cache une fragilité structurelle du système financier. Une part importante de ces crédits serait aujourd’hui classée parmi les créances en souffrance.

Un niveau de créances douteuses préoccupant

Toujours selon L’Union, le volume des créances douteuses dans la zone Cémac dépasserait désormais les 2 000 milliards de FCFA, soit environ 16 % du portefeuille global de crédit. Un ratio qui dépasse largement les standards généralement admis dans le secteur bancaire international, où le seuil jugé sain se situe autour de 5 %.

Pour de nombreux spécialistes des questions financières, ce niveau constitue un véritable signal d’alerte pour la stabilité du système bancaire régional. Comme le rappelle le journal, « un taux de créances douteuses aussi élevé affaiblit la qualité des portefeuilles bancaires et accroît le risque pour le système financier ». Autrement dit, une proportion importante des prêts accordés dans la sous-région ne serait plus remboursée dans les délais prévus, exposant ainsi les banques à des pertes potentielles.

Un frein potentiel à l’investissement

Les conséquences d’une telle situation peuvent être importantes pour l’économie réelle. Face à l’augmentation des créances en souffrance, les banques sont généralement contraintes de renforcer leurs provisions pour couvrir les risques de non-remboursement. Or, ces provisions mobilisent une part importante des ressources financières des établissements bancaires. Cela réduit mécaniquement leur capacité à accorder de nouveaux crédits aux entreprises et aux particuliers.

Selon les analystes cités par L’Union, cette situation pourrait ainsi « freiner l’investissement des entreprises et ralentir la croissance économique dans la sous-région » si des mesures correctives ne sont pas rapidement mises en œuvre pour améliorer la qualité des portefeuilles de crédit.

Un enjeu pour la stabilité financière de la sous-région

Dans un contexte où les économies de la Cémac cherchent à diversifier leurs sources de croissance et à stimuler l’investissement privé, la solidité du système bancaire demeure un enjeu central.

La réduction du volume des créances douteuses apparaît dès lors comme une priorité pour les autorités monétaires et les institutions financières de la sous-région. L’objectif étant de restaurer la confiance dans le système de financement et de garantir un accès durable au crédit pour les entreprises et les ménages.

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

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