CEMAC : le non paiement de la TCI par certains Etats à l’origine des difficultés de la commission
La Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) a récemment annoncé la suspension provisoire de ses activités en raison d’une crise financière sévère. La cause principale : plusieurs États membres n’ont pas honoré leurs contributions, essentielles au bon fonctionnement de la commission.
La Commission CEMAC, organe exécutif de la communauté, joue un rôle important dans la mise en œuvre des décisions et orientations adoptées par la conférence des chefs d’État et le Conseil des ministres. Composée de six pays, à savoir le Gabon, le Cameroun, le Congo, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine, et le Tchad, la commission se retrouve aujourd’hui en difficulté.
Une situation financière catastrophique
Dans une note circulaire publiée le 5 février dernier, Baltasar Engonga, président de la commission, a tiré la sonnette d’alarme sur la dégradation continue des finances de la communauté. «La situation financière de la communauté s’avère aujourd’hui plus que préoccupante, au point d’asphyxier le fonctionnement régulier des institutions, y compris celui de la commission. », indique la note de la commission. Malgré les instructions du Conseil des ministres et une mission d’évaluation effectuée dans les six pays membres, les résultats tardent à se concrétiser.
Face à cette situation alarmante, la Commission CEMAC a décidé de suspendre provisoirement toutes les activités non essentielles, notamment les réunions administratives et les missions officielles. Ce choix drastique soulève des préoccupations quant à l’impact sur l’intégration régionale et les réformes économiques en cours.
La principale source de financement de la CEMAC repose sur la taxe communautaire d’intégration (TCI), qui consiste à prélever 1% sur les importations de produits provenant de pays tiers. Chaque État membre est responsable de la collecte de cette taxe à ses frontières, avant de la reverser à la commission pour soutenir son fonctionnement et ses activités. Or, selon le rapport 2024 du Fonds de développement de la communauté, publié en 2025, la contribution de cette taxe, fixée à 1 milliard de francs CFA, n’a été collectée qu’à hauteur de 20 %.
Cette situation a de graves conséquences : la suspension des activités de la commission pourrait ralentir la mise en œuvre des projets d’intégration régionale et compromettre les réformes économiques vitales pour le développement des États membres.









GMT TV
[youtube-feed feed=2]