CEMAC : effondrement des avoirs extérieurs net à septembre 2025
La situation monétaire de la CEMAC a été marquée par une forte détérioration de la position extérieure au troisième trimestre 2025. Selon la note de conjoncture publiée à l’issue de cette période, les avoirs extérieurs nets (AEN) du système monétaire ont connu un effondrement brutal à fin septembre 2025, traduisant une fragilisation des équilibres extérieurs dans la sous-région. Cette évolution intervient dans un contexte où la dynamique monétaire reste contrastée, avec une progression du crédit intérieur et une légère contraction de la masse monétaire.
L’analyse des contreparties de la masse monétaire montre que les avoirs extérieurs nets se sont dégradés de manière exponentielle sur le trimestre, reflétant l’affaiblissement de la position financière extérieure du système monétaire. Cette détérioration est principalement liée à la forte aggravation de la position débitrice de la banque centrale vis-à-vis du reste du monde. Malgré cette tendance négative globale, les banques commerciales ont affiché une évolution plus favorable, leurs avoirs extérieurs nets ayant progressé sur la période, limitant partiellement l’ampleur du choc.
Une dégradation portée par la position extérieure de la banque centrale
Les données détaillées mettent en évidence une forte volatilité des indicateurs extérieurs au cours de l’année écoulée. En glissement annuel, les avoirs extérieurs nets enregistrent une contraction marquée, avec une variation de -287,8 % entre le troisième trimestre 2024 et celui de 2025, signe d’une détérioration prononcée de la position extérieure du système monétaire. Cette évolution s’explique en grande partie par la situation de la banque centrale, dont la position vis-à-vis de l’extérieur s’est fortement dégradée.
Dans le détail, la position extérieure de la banque centrale s’est aggravée de 169,3 % sur le trimestre, pesant lourdement sur l’évolution globale des avoirs extérieurs nets. À l’inverse, les banques primaires ont enregistré une progression de 33 % de leurs avoirs extérieurs nets, témoignant d’une relative résilience du secteur bancaire face aux tensions extérieures. Parallèlement, le taux de couverture extérieure de la monnaie a légèrement progressé pour atteindre 73,6 % à fin septembre 2025, contre 72,7 % trois mois plus tôt, ce qui suggère un certain maintien des réserves malgré la dégradation globale de la position extérieure.










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