CEMAC : avec 30,5% de l’encours, le Gabon en tête des pays les plus endettés

C’était une stratégie d’endettement clairement assumée par les autorités gabonaises à savoir, recourir massivement au marché régional des titres publics pour financer les besoins budgétaires de l’État. Selon les statistiques du marché des valeurs du Trésor de la CEMAC publiées par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), l’encours des titres émis par le Gabon est passé de 1 658,9 milliards de FCFA en janvier 2025 à 2 887 milliards de FCFA à fin janvier 2026, soit une progression spectaculaire de 74 % en un an. Cette dynamique illustre l’intensification de la présence du Trésor gabonais sur ce marché devenu, ces dernières années, un levier central de financement pour les États de la sous-région.
Ce recours soutenu au marché régional place désormais le Gabon en tête des pays les plus endettés sur ce segment, avec 30,5 % de l’encours global, selon les données de la BEAC relayées par nos confrères du média économique EcoMatin. Comme le souligne la banque centrale, Libreville mobilise principalement deux instruments financiers. Les Bons du Trésor assimilables (BTA), destinés à couvrir les besoins de trésorerie à court terme, et les Obligations du Trésor assimilables (OTA), utilisées pour financer des investissements publics sur des maturités plus longues. Cette combinaison d’outils permet au gouvernement de gérer à la fois ses contraintes de liquidité immédiates et ses besoins de financement structurels.
Une stratégie alignée sur les orientations de la loi de finances 2026
L’orientation observée sur le marché régional s’inscrit d’ailleurs dans la stratégie d’endettement officiellement définie dans la loi de finances 2026. Le document budgétaire prévoit en effet que l’État mobilise une part importante de ses ressources sur le marché financier régional, avec 1 232,7 milliards de FCFA de tirages attendus, provenant notamment des émissions de titres publics et des financements bancaires. Cette option confirme la volonté des autorités de privilégier le marché intérieur et sous-régional afin de couvrir une partie du déficit budgétaire et de limiter la dépendance aux financements extérieurs.
Dans le même temps, la stratégie budgétaire prévoit également une diversification des sources d’emprunt. Outre le marché des titres publics de la CEMAC, le Gabon entend mobiliser des financements auprès de partenaires internationaux tels que l’Agence française de développement (AFD), la Banque mondiale ou encore la Development Bank of Southern Africa (DBSA), principalement pour soutenir les projets d’infrastructures et les programmes publics. À l’échelle régionale, cette montée en puissance des émissions intervient dans un contexte de forte croissance du marché des valeurs du Trésor, dont l’encours global a atteint 9 451 milliards de FCFA à fin janvier 2026, confirmant le rôle désormais central de ce mécanisme dans le financement des économies de la CEMAC.










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