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Calendrier scolaire : vers une course contre la montre pour sauver l’année académique

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Après des mois de perturbations marqués par des grèves et des retards pédagogiques, l’État gabonais a opté pour un réaménagement du calendrier scolaire. Une décision présentée comme indispensable pour préserver l’année académique, mais qui soulève une question centrale : la continuité des apprentissages peut-elle être garantie sans compromettre la qualité de l’enseignement ?

La réunion présidée par Camélia Ntoutoume-Leclercq, ministre d’État en charge de l’Éducation nationale, avec le Comité Technique Interministériel Tripartite, a acté un nouveau calendrier scolaire. L’objectif affiché est clair : rattraper le temps perdu et éviter une année académique amputée, dans un contexte social encore fragile.

Des causes structurelles désormais assumées

Le réaménagement ne relève pas d’un simple ajustement technique. Il est la conséquence directe de dysfonctionnements structurels : tensions sociales récurrentes, régularisations administratives tardives, déficit d’anticipation et enchaînement de mouvements d’humeur dans les établissements. Autant de facteurs qui ont grippé la machine éducative et rendu inévitable une refonte du planning.

Expertise nationale et appui international

Pour valider les options retenues, l’État s’est appuyé sur des experts nationaux et sur l’accompagnement du UNESCO. L’enjeu : s’assurer que les mesures de rattrapage respectent les standards pédagogiques et ne se limitent pas à une compression mécanique des programmes. La présence de l’agence onusienne vise à renforcer la crédibilité technique des arbitrages opérés.

Rattrapage pédagogique : quels leviers ?

Parmi les mécanismes évoqués figurent l’extension de la durée des cours, la priorisation des compétences essentielles, l’allègement ciblé de certains contenus et une meilleure coordination entre cycles. Une approche pragmatique, mais exigeante, qui suppose une mobilisation accrue des enseignants et une organisation rigoureuse des établissements.

Des impacts concrets et des risques réels

Pour les élèves, la promesse est celle d’un parcours sans rupture, mais au prix d’un rythme intensifié. Les enseignants, déjà éprouvés par les tensions sociales, redoutent une surcharge de travail et une fatigue accrue. Quant aux parents, ils s’inquiètent des ajustements calendaires, notamment dans les zones où l’accès aux ressources éducatives reste limité. Le risque est double : accentuer les inégalités territoriales et fragiliser la qualité des apprentissages.

Gouvernance éducative : subir ou anticiper ?

Au-delà du calendrier, la séquence interroge la gouvernance scolaire. Le réaménagement apparaît comme une réponse sous contrainte plutôt qu’une réforme anticipée. Si l’État affiche sa volonté de sauver l’année académique, la soutenabilité des mesures dépendra de leur exécution, du suivi des indicateurs pédagogiques et de la capacité à prévenir de nouvelles crises sociales.

Enjeu clé. Sauver l’année académique est une nécessité. La réussir durablement suppose toutefois de dépasser la gestion d’urgence pour engager une refondation de la planification éducative, seule à même de concilier continuité, qualité et équité sur l’ensemble du territoire.

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