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CAF : tout savoir sur l’article 82 et ses limites !

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Alors que les instances de la Confédération Africaine de Football (CAF) brandissent l’Article 82 du règlement de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) pour justifier le forfait de l’équipe nationale du Sénégal, une analyse exégétique du texte et de la réalité factuelle du match remet en cause cette approche facile. En effet, la position de la CAF pourrait se heurter à une solide résistance juridique.

À vrai dire l’article 82 du règlement CAN constitue l’un des piliers répressifs de la CAF. Et pour cause, sa formulation ne laisse que peu de place à l’ambiguïté. « Si, pour n’importe quelle raison, une équipe […] refuse de jouer, ou quitte le terrain avant la fin réglementaire du match sans l’autorisation de l’arbitre, elle sera considérée perdante et sera définitivement éliminée de la compétition en cours. ».

La CAF piégée à la lettre de son règlement ?

La disposition susmentionnée consacre le principe de l’élimination définitive comme sanction automatique à tout manquement lié à la présence effective sur l’aire de jeu. Juridiquement, il s’agit d’une clause d’exclusion souveraine. Mais son étendue se heurte au paradoxe factuel. Pour que l’article 82 soit activé, il faut établir une rupture de la continuité du jeu ou une absence de l’effectif. Or le maître du jeu, à la lecture de l’article 5 de l’IFAB, n’a jamais sonné la fin.

Il va sans dire que les faits vécus le 18 janvier 2026 à Rabat plaident pour une interprétation plus nuancée. Car, contrairement aux rumeurs de retrait prématuré, l’équipe du Sénégal a maintenu une présence physique sur la pelouse. La figure de proue des Lions de la Teranga, Sadio Mané, était bel et bien présente sous les projecteurs. Ce qui a conduit l’arbitre a considéré que le match se poursuivait. Cette présence invalide donc l’argument d’un « refus de jouer » ou d’un « abandon de terrain ».

D’ailleurs, l’article invoqué fait référence à « une équipe » or une équipe c’est 11 joueurs. Il en est de même pour la durée de l’absence sur le terrain qui pourrait traduire le forfait ou le refus de fait. Si le forfait n’est pas constitué, la retroactivité est donc inopérante. Entre la fermeté du règlement et la réalité d’un Sadio Mané mobilisé sur le rectangle vert, la balance de la justice sportive devra trancher. Ce fait appuyé par de preuves tangibles doit éclairer la lecture d’un texte trop rigide. Le Tribunal arbitral du Sport(TAS) est d’ores et déjà attendu.

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

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