Budget 2026 : qui sont les perdants et les gagnants des nouvelles taxes ?
Le débat budgétaire de l’année 2026 a suscité de vifs débats au sein de l’opinion publique. Entre choc des investissements, élargissement de l’assiette fiscale et hausse des dépenses publiques, les gabonais s’en sont donnés à cœur joie, évoquant pour certains des charges supplémentaires sur des ménages déjà fragilisés. Mais qu’en est-il réellement de ces nouvelles taxes ? Quels sont les contribuables pénalisés ? Pour quels objectifs ont-elles été instaurées ? Décryptons la Loi de finances initiale 2026.
Contrairement à la thèse répandue, la Loi de finances 2026, qui devrait d’ailleurs faire l’objet d’une loi rectificative pour l’adapter à la nouvelle donne liée au programme avec le FMI, n’est pas une loi de hausse massive des de la fiscalité, mais promeut une discipline fiscale et un élargissement de l’assiette contributive. Le gouvernement veut par ce choix améliorer la soutenabilité budgétaire, en optant pour une stratégie diffuse de la pression sur les ménages et les entreprises, tout en renforçant les finances des collectivités locales.
Élargir l’assiette fiscale
Parmi les taxes qui sont appliquées cette année, figure la fameuse Contribution foncière unique (CFU), reportée d’année en année, faute de trouver un mécanisme efficace de recouvrement. Elle vient ainsi remplacer plusieurs taxes foncières existantes jusque-là. Il s’agit ainsi d’une simplification du mécanisme afin de la rendre plus efficace. Autres taxes, les droits de sortie de l’ordre de 1% sur les lingots d’or, qui découle de la mesure gouvernementale d’encadrer ce secteur à forte valeur ajoutée. Le gouvernement a également instauré une taxe d’accise sur les appels de téléphonie mobile de l’ordre de 5%.
A cela s’ajoutent quelques prélèvements spécifiques tels que le prélèvement libératoire de 25% sur les plus-values de cession de droits sociaux, le Droit d’importation de 10% sur les produits issus des Zones d’investissement spéciales (ZIS), ou encore des accises renforcées sur les produits de luxe tels que le caviar, le foie gras, les cosmétiques ou encore les vins premium. On peut également citer la Taxe forfaitaire d’habitation (TFH), qui a suscité de vifs débats et qui devrait rapporter plus de 22 milliards de FCFA aux collectivités locales.
Consolider les recettes des collectivités locales
Au regard de ces mesures, les principaux perdants du budget 2026 sont les ménages urbains à revenus modestes et les acteurs du secteur informel. Sans augmentation frontale de l’impôt sur le revenu, ils subissent une pression diffuse à travers la consommation courante, le logement et les services essentiels. Téléphonie, boissons, loyers et factures énergétiques deviennent autant de canaux indirects de prélèvement. Les propriétaires bailleurs, promoteurs immobiliers et opérateurs télécoms voient également leurs charges structurelles s’alourdir, avec un risque de répercussion sur les prix.
À l’inverse, les gagnants sont d’abord l’État et les collectivités locales, qui sécurisent des recettes plus prévisibles sans casser l’attractivité fiscale globale. Les entreprises exportatrices et industrielles engagées dans la transformation locale bénéficient d’un signal clair en faveur de la valeur ajoutée nationale. Enfin, les investisseurs institutionnels profitent d’un cadre budgétaire plus lisible. Au-delà du clivage gagnants-perdants, la philosophie du budget 2026 traduit un repositionnement de la politique fiscale. Cette approche limite le choc fiscal immédiat, mais suppose une administration performante et socialement sensible. Les défis résident désormais dans l’exécution : capacité de recouvrement, acceptabilité sociale et compensation ciblée pour les plus vulnérables.








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