Brésil : le calvaire des impayés de la bourse qui n’en finit pas
Confrontés à des retards répétés dans le paiement de leurs bourses, des étudiants gabonais au Brésil dénoncent une situation devenue “insoutenable”. Entre menaces d’expulsion, difficultés alimentaires et silence des autorités, ils lancent un appel pressant à la régularisation urgente des versements et à une communication responsable de l’État.
La voix est ferme, mais empreinte d’épuisement. Des étudiants gabonais poursuivant leurs études au Brésil ont décidé de sortir du silence. Non par stratégie, disent-ils, mais par nécessité. Depuis plusieurs années, ils subissent des retards récurrents dans le paiement de leurs bourses d’études, leur unique source de revenus dans un pays où ils vivent loin de leurs familles.
“Ces bourses ne sont ni un privilège ni une faveur. Elles constituent un droit fondamental”, rappellent-ils. Pour la majorité d’entre eux, ces allocations couvrent le loyer, l’alimentation, les frais académiques et les dépenses de santé. Leur interruption, même temporaire, les plonge immédiatement dans une précarité extrême.
Des conséquences humaines et académiques lourdes
Les témoignages évoquent des loyers impayés, des propriétaires menaçant d’expulsion, des repas sautés faute de moyens, l’impossibilité d’acheter du matériel pédagogique ou de régler certaines charges universitaires. À cette fragilité matérielle s’ajoute une pression psychologique permanente.
La santé mentale est affectée, la concentration s’érode, et l’avenir académique vacille. “Comment étudier sereinement quand on ne sait pas si l’on pourra payer son logement le mois prochain ?”, interrogent-ils. Beaucoup viennent de familles modestes, déjà engagées dans des charges importantes et incapables de suppléer aux défaillances financières.
Une exclusion des dispositifs sociaux locaux
Au Brésil, certaines universités disposent pourtant de mécanismes d’aide sociale. Mais les étudiants gabonais expliquent en être exclus en raison de leur statut d’étudiants étrangers boursiers. En cas de retard de versement, aucun filet de sécurité alternatif ne leur est accessible.
Cette situation les place dans une zone grise : dépendants de l’État gabonais pour leur subsistance, mais sans recours immédiat lorsque celui-ci tarde à honorer ses engagements.
Un silence qui aggrave le sentiment d’abandon
Au-delà des difficultés financières, c’est le manque de communication qui alimente la colère. “Nos messages restent trop souvent sans réponse ou reçoivent des retours tardifs, flous et insuffisants”, dénoncent-ils.
Cette absence de dialogue accroît l’incertitude et nourrit un profond sentiment d’abandon. Dans un contexte où le Gabon affirme vouloir investir dans le capital humain et former une élite capable de contribuer au développement national, ces étudiants rappellent que derrière chaque bourse se cachent “des vies, des sacrifices et des rêves”.
Un appel à la responsabilité de l’État
Les étudiants ne réclament ni privilège ni traitement de faveur. Ils demandent “le respect de nos droits, la régularisation urgente et durable des paiements des bourses, ainsi qu’une communication claire, régulière et responsable entre l’État gabonais et ses étudiants au Brésil”.
L’enjeu dépasse le cadre individuel. Il touche à la crédibilité de la politique nationale de formation à l’étranger. Car une jeunesse fragilisée à l’extérieur du territoire est une jeunesse dont le potentiel est mis en péril. Dans l’attente d’une réponse officielle, leur message est limpide : ils veulent simplement étudier dignement pour mieux servir leur pays demain.









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