Blaise Louembé : «Notre objectif est de reconquérir le pouvoir en 2030»
À Koulamoutou, le Parti Démocratique Gabonais (PDG) a célébré son 58e anniversaire dans un climat de résilience. Si la formation politique affiche ouvertement son ambition de reprendre les rênes du pays en 2030, elle se retrouve face à un paradoxe stratégique : soutenir l’homme qui l’a évincée du pouvoir.
Dimanche dernier, la capitale provinciale de l’Ogooué-Lolo a vibré au rythme du « parti des masses ». Malgré le séisme du 30 août 2023, le PDG a prouvé, lors de cette célébration en différé, qu’il n’entendait pas rejoindre les archives de l’histoire. Devant les cadres des départements de Mulundu, de l’Offoue-Onoye, de la Lolo-Bouenguidi et de la Lombo-Bouenguidi, le président du parti, Blaise Louembé, a sonné le clairon de la mobilisation.
« Nous avons perdu la bataille, mais pas la guerre »
Loin de l’image d’une formation moribonde, le leadership du PDG s’appuie sur les résultats des élections générales de 2025 pour légitimer son retour au premier plan. Avec une présence affirmée à l’Assemblée nationale, au Sénat et dans les conseils locaux, le parti se revendique comme la deuxième force politique du pays.
« Nous avons perdu la bataille, mais pas la guerre. Notre objectif est de reconquérir le pouvoir en 2030 », a martelé Blaise Louembe. Pour l’ancien parti au pouvoir, les réformes internes menées après le « Coup de Libération » ont porté leurs fruits, permettant de maintenir une base militante solide et une structure opérationnelle capable de défier les urnes lors du prochain cycle électoral.
Le grand paradoxe : l’équilibrisme politique
Cependant, cette ambition de reconquête se heurte à une réalité politique singulière, créant une véritable dichotomie dans le discours partisan. Tout en affichant sa volonté de reprendre le fauteuil présidentiel, Blaise Louembé a réitéré le soutien du PDG à l’actuel chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema.
Cette posture interroge : comment une formation politique peut-elle aspirer à remplacer un système qu’elle soutient officiellement ? Ce grand écart stratégique place le PDG dans une zone grise. D’un côté, il doit faire allégeance au pouvoir pour garantir sa survie et son influence actuelle ; de l’autre, il doit cultiver sa différence pour incarner une alternative crédible en 2030.
En se positionnant à la fois comme l’allié du président actuel et son futur adversaire, le PDG tente un pari risqué. Reste à savoir si les électeurs verront dans cette manœuvre une stratégie de sagesse politique ou une simple contradiction opportuniste.









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