Bilie-By-Nze : « le Gabon est passé en mode bricolage »
Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien candidat à l’élection présidentielle de 2025, s’est exprimé à l’occasion de la fête de la Saint-Sylvestre dans un discours au ton grave et résolument offensif. Face à ses partisans et à l’opinion publique, le chef de file de la plateforme Ensemble pour le Gabon a livré ce qu’il présente comme un bilan sans concession de près de trois années de gouvernance. Selon lui, les espoirs nés du changement se sont progressivement transformés en désillusion, nourrie par des choix politiques qu’il juge incohérents et déconnectés des attentes réelles des populations.
Pour Alain-Claude Bilie-By-Nze, le pays est dirigé par ce qu’il qualifie de « République des copains, coquins et consanguins », dénonçant des nominations fondées sur des affinités personnelles plutôt que sur la compétence. Dans sa charge la plus virulente, l’ancien Premier ministre affirme que depuis trois ans, « le Gabon est passé en mode bricolage », accusant les autorités d’avoir « tout bricolé », des institutions aux politiques publiques. Une formule choc, répétée à plusieurs reprises, qui résume selon lui l’absence de vision structurante au sommet de l’État.
Un réquisitoire contre une gouvernance jugée improvisée
Dans un long développement, Bilie-By-Nze égrène ce qu’il considère comme les symboles de cette gouvernance approximative« Ils ont bricolé le dialogue national dit inclusif. Ils ont bricolé le référendum. Ils ont bricolé la Constitution. Ils ont bricolé le code électoral. Ils ont bricolé les élections », martèle-t-il, ajoutant que même les institutions et certains procès emblématiques auraient été concernés. Pour l’opposant,« bricoler, ce n’est pas gouverner ». Il y voit une pratique faite« d’improvisation, de petits arrangements », où le droit serait relégué au second plan au profit de décisions prises « à la petite semaine ».
Sur le terrain économique et social, l’ancien candidat se montre tout aussi sévère. Il estime que le« bricolage »des finances publiques« asphyxie les PME »et fragilise les couches les plus vulnérables. Il s’interroge notamment sur les chiffres de la dette publique, affirmant que malgré l’annonce du remboursement de 3 000 milliards de francs CFA, l’endettement atteindrait 8 600 milliards fin 2025. Bilie-By-Nze pointe aussi des projets annoncés sans suite claire, comme les« 163 000 emplois »promis ou les incertitudes autour du port en eau profonde de Mayumba. Autant d’exemples qui, selon lui, traduisent une gestion sans cohérence, où« rejeter la faute sur les autres »tient lieu de politique.









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