Bilie-By-Nze : « La peine de mort n’a jamais fait reculer la criminalité »
À l’instar de plusieurs organisations de la société civile, dont SOS Prisonniers Gabon, l’ancien Premier ministre et opposant au régime en place, Alain-Claude Bilie-By-Nze, est monté au créneau contre l’éventualité d’un retour de la peine de mort. Dans une prise de position publiée sur son compte X, le président du parti Ensemble pour le Gabon s’est fermement opposé à cette sanction pénale, abolie au Gabon depuis 2010, qu’il juge inefficace et politiquement instrumentalisée.
Cette sortie intervient dans un contexte marqué par la relance du débat à la suite du discours du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui a instruit le Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) de mener des consultations en vue de soumettre la question au peuple souverain. Pour Alain-Claude Bilie-By-Nze, cette initiative présidentielle est avant tout révélatrice d’un « échec cuisant dans la lutte contre la criminalité », face à la recrudescence des crimes de sang et à l’émotion suscitée au sein de l’opinion publique.
Une réponse sécuritaire démagogique
Dans un ton particulièrement critique, l’ancien chef du gouvernement estime que « le pouvoir brandit le retour de la peine de mort pour tenter de rassurer une opinion publique gagnée par la peur et le doute ». Il rappelle surtout un principe qu’il juge fondamental « la peine de mort n’a jamais fait reculer la criminalité ». Selon lui, l’histoire et l’expérience internationale démontrent que la sévérité extrême des peines ne saurait se substituer à une politique pénale efficace, fondée sur la prévention, l’enquête et la sanction effective des coupables.
À l’inverse, Alain-Claude Bilie-By-Nze plaide pour un renforcement substantiel des capacités de l’État. Il appelle à « donner davantage de moyens aux forces de défense et de sécurité » et à garantir « une véritable indépendance de la justice, dotée elle aussi de moyens humains et matériels conséquents ». Pour l’opposant, c’est l’impunité et la faiblesse de l’appareil judiciaire, plus que l’absence de la peine capitale, qui alimentent le sentiment d’insécurité.
Ce discours tranche avec l’approche plus ouverte de l’exécutif sur un sujet qui cristallise les tensions depuis l’affaire du petit Cameron Ngueba. Alain-Claude Bilie-By-Nze dénonce une forme de « démagogie », soulignant que le gouvernement ne communique ni sur le nombre réel de coupables et de commanditaires interpellés, ni sur les poursuites judiciaires engagées.








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