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Baromètre RSE 2025 : 6 gabonais sur 10 estiment que les entreprises communiquent mal sur leurs actions sociétales

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Au moment où la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) s’impose comme un pilier du développement économique et social, une donnée interpelle. Selon le Baromètre RSE 2025, 59,53 % des Gabonais estiment que les grandes entreprises ne communiquent pas suffisamment sur leurs actions sociales et environnementales. Un paradoxe qui soulève une question stratégique : comment valoriser l’impact réel des entreprises si celui-ci demeure peu visible pour les citoyens ?


Depuis plusieurs années, la responsabilité sociétale des entreprises s’est progressivement installée au cœur du débat économique au Gabon. Soutien aux PME, investissement dans l’éducation, participation à des initiatives culturelles ou sanitaires : les grandes entreprises multiplient les actions destinées à renforcer leur contribution au développement national. Pourtant, la perception des citoyens révèle un décalage notable entre ces initiatives et leur visibilité dans l’espace public. 

Un déficit de visibilité des actions sociétales

Le Baromètre RSE 2025, réalisé auprès de 1 279 répondants dans plusieurs pôles économiques du pays, met en évidence un constat sans équivoque : près de six Gabonais sur dix considèrent que les entreprises ne communiquent pas suffisamment sur leurs engagements sociétaux et environnementaux. 

Selon l’étude, seuls 26,66 % des répondants estiment que la communication des entreprises sur leurs actions sociales et environnementales est suffisante, tandis que 13,81 % déclarent ne pas être en mesure de se prononcer. Autrement dit, près des trois quarts de la population n’identifient pas clairement les initiatives RSE menées par les entreprises opérant dans le pays. 

Cette situation met en lumière un paradoxe majeur. D’un côté, plusieurs entreprises sont largement reconnues pour leur contribution à l’emploi, à la formation ou encore à la culture. De l’autre, leurs engagements sociétaux restent insuffisamment visibles dans l’espace médiatique et dans le débat public. Pour les auteurs du baromètre, ce décalage souligne un enjeu fondamental : « l’action peut exister sans être reconnue, faute de narration, de pédagogie ou de canaux adaptés ». 

Un enjeu stratégique pour la confiance des citoyens

Au-delà de la simple question de communication institutionnelle, cette perception pose un enjeu plus profond pour les entreprises : celui de leur « licence sociale pour opérer ». Dans un contexte où les attentes des populations envers les acteurs économiques se renforcent, la reconnaissance publique des actions sociétales devient un facteur déterminant de crédibilité et de légitimité. 

En effet, la RSE ne se limite plus à la mise en œuvre de programmes sociaux ou environnementaux. Elle suppose également une capacité à expliquer ces initiatives, à les rendre compréhensibles et à démontrer leur impact concret sur la vie des populations.

Dans ce contexte, la question n’est pas uniquement de savoir ce que font les entreprises, mais aussi ce que les citoyens en perçoivent réellement. Comme le souligne le baromètre, le déficit de visibilité de certaines actions peut contribuer à affaiblir la reconnaissance publique des contributions économiques et sociales des entreprises. 

À l’heure où la responsabilité sociétale s’impose comme un levier stratégique de développement, ce constat invite ainsi les entreprises opérant au Gabon à repenser leurs stratégies de communication et de dialogue avec les populations, afin de transformer leurs engagements en véritables facteurs de confiance et de cohésion sociale.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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