Derniers articlesPOLITIQUE

Assemblée nationale : s’achemine-t-on vers une chambre d’enregistrement ou d’expression démocratique ?

Ecouter l'article

Alors que la rentrée parlementaire prévu pour le 02 mars 2026 approche, les citoyens gabonais s’interrogent sur la nature politique et le fonctionnement de la chambre basse de la République. L’urgence est palpable : pour garantir un fonctionnement normal et une véritable expression démocratique à l’Assemblée Nationale, il est impératif que la représentativité de toutes les forces politiques soit effective, visible et respectée au sein de l’ensemble de ses instances. La démocratie parlementaire ne se proclame pas, elle s’organise.

La configuration actuelle de l’hémicycle est bien connue. Le groupe parlementaire UDB, fort d’environ deux tiers des députés, constitue la principale force numérique, tandis que d’autres groupes tels que le PDG, le FP et l’UFRI apportent également leur légitimité issue du suffrage universel.

Cette réalité politique impose un double principe, notamment le respect du poids numérique de la majorité et la garantie des droits politiques des groupes minoritaires. Une majorité stable est un facteur clé de gouvernabilité. Pourtant, une minorité respectée est tout aussi nécessaire pour assurer la crédibilité démocratique.

La représentativité dans les organes internes

Les organes décisionnels tels que la Conférence des présidents, les commissions permanentes et les bureaux des commissions doivent refléter fidèlement la configuration politique de l’Assemblée. La représentativité ici doit se traduire par une répartition proportionnelle des sièges ; un accès réel aux responsabilités ; une participation effective aux décisions majeures et une transparence dans les désignations.

Toute exclusion ou marginalisation d’un groupe affaiblit l’institution dans son ensemble.

L’Assemblée nationale ne s’exprime pas uniquement en son sein, elle est également représentée dans plusieurs instances externes, telles que les institutions constitutionnelles, les autorités administratives et les missions internationales. Ce rôle extérieur engage l’image et la crédibilité de l’institution et ne saurait être monopolisé par une seule sensibilité politique. Il est primordial que ces représentations extérieures reflètent la pluralité issue des urnes. Une Assemblée qui s’exprime au dehors doit le faire au nom de tous.

La place des députés non inscrits

Les députés non inscrits, bien qu’ils ne soient pas affiliés à un groupe parlementaire spécifique, doivent être pleinement reconnus dans leur rôle. Élues de la même manière que les autres députés, leur mandat émane directement du peuple. Leur absence d’appartenance ne devrait en aucun cas sceller leur effacement dans les organes internes ni leur exclusion des représentations externes.

À l’heure où les attentes sociétales envers l’Assemblée Nationale se font grandissantes, il devient crucial de garantir un cadre législatif inclusif et représentatif. Autrement, la chambre pourrait s’acheminer vers un triste destin de chambre d’enregistrement, loin des aspirations profondes de la démocratie gabonaise.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GMT TV

Bouton retour en haut de la page