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Alexandre Doumba : « WhatsApp fonctionne normalement au Gabon »

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Alors que les utilisateurs gabonais subissent des restrictions sévères sur les plateformes du groupe Meta depuis le 18 février dernier, le ministre de l’Économie numérique, Mark-Alexandre Doumba, a surpris l’opinion publique en affirmant sur les ondes de RFI que « WhatsApp fonctionne normalement ». Une sortie étonnante pour le commun des Gabonais qui expérimente difficilement la première plateforme de discussion instantanée dans le pays depuis bientôt 1 mois.

Le gouvernement gabonais est en décalage flagrant avec la réalité des Gabonais depuis le 17 février dernier et l’annonce de suspension des réseaux sociaux par la Haute autorité de la communication (HAC). C’est le sentiment qui prédomine à Libreville après la récente sortie médiatique de Mark-Alexandre Doumba. Interrogé par nos confrères de Radio France International sur la date de rétablissement des réseaux sociaux, le ministre a balayé d’un revers de main l’idée d’une coupure ciblée de la célèbre application de messagerie.

Tout Meta sauf WhatsApp, une dichotomie diskoural ?

« WhatsApp n’a pas été suspendu au Gabon, WhatsApp fonctionne normalement », a martelé Mark-Alexandre Doumba. Une sortie aux antipodes des constats populaires qui font état d’un fonctionnement « dégradé » qui ne dit pas son nom. Sur le terrain, le constat est sans appel pour les millions d’usagers. Si l’application s’ouvre, l’envoi et la réception de fichiers médias (photos, vidéos, messages vocaux) sont impossibles sans l’utilisation d’un VPN. Ce blocage technique, instauré depuis le 18 février, paralyse de nombreux secteurs de l’économie informelle et coupe les ponts entre les familles.

Plus troublant encore, cette déclaration ministérielle entre en collision directe avec les informations émanant de la Présidence de la République, qui a reconnu, par l’entremise de son porte-parole Mélodie Sambat, la suspension « assumée » des produits Meta. Lesquels comportent Facebook, Instagram, WhatsApp. Et ce, pour des raisons de « régulation » et de « souveraineté ». D’ailleurs, le ministre a justifié la situation actuelle par une volonté de mettre fin au vide juridique entourant les géants du numérique. Un narratif qui, cette fois-ci, rejoint l’argumentaire de l’exécutif et de la HAC.

« On veut le faire en respectant désormais une réglementation. Il était difficile pour nous de demander aux partenaires de se conformer à nos valeurs si nous n’avions pas un référentiel juridique », a expliqué Mark-Alexandre Doumba. Qui n’a pas manqué d’annoncer une étude d’impact économique qui sera menée auprès des opérateurs de téléphonie. Si le gouvernement prône un « esprit progressif de l’économie numérique », le coût de ce black-out commence à peser. En attendant un « rapport formellement édité », les jeunes entrepreneurs et les créateurs de contenus restent dans le flou.

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

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