Agriculture : à Rome, le Gabon plaide pour des projets « bancables » et un partenariat renforcé avec la FAO

En marge de la 49ᵉ session du Conseil des gouverneurs du FIDA à Rome, le ministre de l’Agriculture, Pacôme Kossy, a rencontré le Directeur général de la FAO, Qu Dongyu, afin d’examiner les leviers techniques et financiers susceptibles d’accélérer la transformation du secteur agricole gabonais. Cette audience stratégique vise à repositionner l’agriculture comme pilier structurant de la souveraineté économique nationale.
Au cœur des échanges : l’élaboration d’une stratégie nationale des systèmes agroalimentaires capable de rompre avec le modèle dominant d’agriculture de subsistance. L’objectif affiché est clair : structurer des projets d’investissement viables, crédibles et surtout « bancables », susceptibles d’attirer des financements internationaux et privés.
De la subsistance à l’investissement structurant
Pour Libreville, l’enjeu dépasse la simple augmentation de la production. Il s’agit d’identifier et de consolider des chaînes de valeur prioritaires – cultures vivrières, filière élevage, transformation locale – afin de bâtir un écosystème agricole intégré, compétitif et orienté vers le marché.
La question de la bancabilité est centrale. Trop de projets agricoles échouent faute de structuration financière solide, de garanties techniques ou de visibilité sur les débouchés. Le partenariat avec la FAO pourrait permettre d’améliorer la planification, la gouvernance des filières et l’ingénierie des projets, conditions indispensables pour mobiliser des capitaux à long terme.
Intégration aux initiatives internationales et sécurité sanitaire
Les discussions ont également porté sur l’intégration plus active du Gabon dans les plateformes internationales pilotées par la FAO. Parmi elles, l’initiative « Hand-in-Hand » (Main dans la main), destinée à accélérer la transformation agricole dans les pays aux capacités limitées. Cette approche fondée sur les données vise à cibler précisément les zones à fort potentiel et à optimiser l’allocation des ressources.
Autre point stratégique : le renforcement des mécanismes de surveillance et de lutte contre les maladies animales transfrontalières. Pour un pays souhaitant développer la filière élevage, la maîtrise des risques sanitaires constitue un préalable incontournable à la compétitivité et à l’accès aux marchés.
Une diplomatie agricole alignée sur la souveraineté alimentaire
Cette séquence romaine s’inscrit dans la vision portée par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui fait de la transformation agricole un axe prioritaire de la diversification économique. Réduire la dépendance aux importations alimentaires et sécuriser l’approvisionnement national constituent des impératifs dans un contexte mondial marqué par l’instabilité des chaînes logistiques et la volatilité des prix.
Reste désormais à traduire ces engagements diplomatiques en résultats concrets sur le terrain : modernisation des exploitations, amélioration de l’accès au crédit rural, mécanisation, formation des producteurs et structuration des marchés. Avec l’appui technique de la FAO, le Gabon ambitionne de transformer un potentiel reconnu en véritable moteur de croissance inclusive et durable.









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