AGASA : Jean Delors Biyoghe-Bi-Ntougou clarifie un rôle souvent confondu avec la lutte contre la vie chère
Souvent associée, à tort, à la régulation des prix et à la lutte contre la vie chère, l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) voit son action régulièrement mal comprise par l’opinion et les opérateurs économiques. Face à ces confusions persistantes, son directeur général, Jean Delors Biyoghe-Bi-Ntougou, a tenu à recadrer fermement le périmètre réel de l’institution : la sécurité sanitaire des aliments, et rien d’autre.
Une confusion largement entretenue. Dans un contexte marqué par la flambée des prix et les tensions sur l’approvisionnement, l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire est fréquemment interpellée sur des sujets qui dépassent son champ de compétences. Contrôle des prix, disponibilité des denrées, accessibilité pour les ménages : autant de problématiques que l’opinion publique associe spontanément à l’AGASA.
Une assimilation que le directeur général juge non seulement erronée, mais préjudiciable à la lisibilité de l’action publique. « Notre mission n’est pas de rendre les produits moins chers, mais de faire en sorte que ce que les populations consomment ne les rende pas malades », a-t-il rappelé, appelant à une distinction claire entre sécurité sanitaire et politiques économiques.
Prévenir, analyser, gérer : le cœur de mission de l’AGASA
Selon Jean Delors Biyoghe-Bi-Ntougou, la mission de l’AGASA s’articule autour de trois axes précis. D’abord, la prévention des risques sanitaires liés aux aliments mis sur le marché, qu’ils soient d’origine animale, végétale ou transformée. Ensuite, l’analyse scientifique de ces risques, à travers les inspections de terrain et le laboratoire national d’analyses alimentaires. Enfin, la gestion des alertes sanitaires, incluant le retrait des produits impropres à la consommation et l’information des autorités compétentes.
Cette approche vise à protéger la santé publique en amont, dans un pays où, rappelle-t-il, « une part importante des maladies est directement liée à l’alimentation ». Une responsabilité stratégique, mais souvent invisible aux yeux des consommateurs, car elle s’exerce avant même que les produits n’atteignent les étals.
Vie chère : un enjeu réel, mais hors périmètre
Sur la question de la disponibilité et de l’accessibilité des denrées, le directeur général se veut catégorique : ces leviers relèvent d’autres structures de l’État, notamment celles chargées du commerce, de la régulation des prix ou des politiques d’importation. Confondre ces rôles, estime-t-il, conduit à une dilution des responsabilités et à des attentes irréalistes vis-à-vis de l’AGASA.
Pour les opérateurs économiques, ce recadrage est loin d’être anodin. Il clarifie les obligations de chacun et recentre les contrôles sur la qualité sanitaire, plutôt que sur des aspects tarifaires. À terme, cette pédagogie institutionnelle pourrait contribuer à apaiser les relations entre administration, commerçants et consommateurs, en rappelant une évidence souvent oubliée : lutter contre la vie chère est une priorité économique, garantir la salubrité des aliments est un impératif de santé publique.









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