Afrobarometer : 72% des gabonais contre la dictature
Les résultats du Round 10 des enquêtes Afrobarometer, menées en 2024-2025 dans 38 pays africains, confirment un attachement massif des citoyens au principe démocratique. À l’échelle du continent, près de huit Africains sur dix rejettent clairement la dictature (79 %) et la règle du parti unique (76 %), préférant des systèmes fondés sur des élections pluralistes. Ces données traduisent une aspiration profonde à choisir librement les dirigeants, même si la confiance dans les processus électoraux et les institutions chargées de les organiser demeure fragile dans de nombreux pays.
Le Gabon s’inscrit pleinement dans cette tendance continentale, avec des chiffres qui méritent une attention particulière dans le contexte politique actuel. Selon Afrobarometer, 72 % des Gabonais rejettent la dictature, tandis que 84 % s’opposent à la règle du parti unique. Si ces niveaux restent inférieurs à ceux observés dans des pays comme les Seychelles (95 %) ou la Tanzanie (94 %), ils traduisent néanmoins une majorité nette en faveur du pluralisme politique. Même dans un pays marqué par une transition institutionnelle récente, les gabonais continuent d’exprimer un attachement clair aux élections multipartites comme mode légitime de désignation des dirigeants.
Le Gabon face à la vigilance démocratique
Afrobarometer souligne toutefois que le Gabon fait partie des pays où le soutien au multipartisme a légèrement reculé ces dernières années, aux côtés du Mali, de la Guinée ou de l’Afrique du Sud. Cette évolution n’efface pas le rejet majoritaire des régimes autoritaires, mais elle révèle une forme de désillusion face au fonctionnement réel de la démocratie. Comme ailleurs sur le continent, une majorité de gabonais estime que les élus devraient répondre aux aspirations des citoyens, mais doutent aussi de leur capacité réelle à être à l’écoute une fois en fonction.
À l’échelle africaine, 71 % des répondants déclarent avoir voté lors des dernières élections nationales, un taux relativement stable depuis une décennie. Mais une part importante des citoyens, y compris au Gabon, exprime des réserves sur la transparence des scrutins, la neutralité des organes de gestion électorale et le caractère véritablement secret du vote. Beaucoup disent également avoir craint des actes d’intimidation ou de violence pendant les campagnes. Afrobarometer rappelle que le rejet de la dictature ne suffit pas à garantir une démocratie pleinement fonctionnelle. Pour le Gabon, ces chiffres sont un signal fort contre toute dérive autoritaire et un appel à renforcer la confiance populaire, condition indispensable pour consolider la Cinquième République.









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