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Affaire Mounguengui/Koula : les faits requalifiés et appel suspensif !

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Le tribunal de première instance de Libreville a rendu son délibéré ce mardi 3 mars 2026 dans le contentieux opposant Pierre-Alain Mngui au Dr. Fréddy Koula Moussavou. Contre toute attente, le juge a écarté la qualification de « diffamation » en retenant « l’injure publique » contre l’ancien journaliste et commentateur sportif. C’est alors que s’ouvre le nouveau chapitre procédural devant la Cour d’Appel.

Initialement poursuivi pour diffamation et atteinte à l’honneur à l’initiative du président de la Fédération Gabonaise de Football (FEGAFOOT), le Dr. Fréddy Koula Moussavou a vu les faits requalifiés par le tribunal de Première instance de Libreville en injure publique. Le patron d’Atletico Akanda est sommé de payer une amende de 2 millions de FCFA assortie d’une peine privative de liberté de 6 mois mais avec sursis.

Rebondissement judiciaire étrange ?

L’élément saillant de cette décision rendue ce mardi 3 mars 2026 réside dans l’abandon de l’accusation de diffamation. Faut-il rappeler qu’en droit de la presse, la diffamation suppose l’imputation d’un fait précis portant atteinte à l’honneur, dont la preuve peut être rapportée (exceptio veritatis). En jugeant qu’il n’y avait pas de diffamation, le tribunal vide de sa substance l’argumentaire central de la partie plaignante.

Pour rappel, le litige tire son origine de mars 2025, suite à des critiques formulées par le Dr. Freddy Koula Moussavou sur la gestion des sélections nationales féminines. Ce qui n’était alors qu’un débat sur la gouvernance sportive s’est mué en bataille judiciaire après une conférence de presse de la Fegafoot jugée « offensive » par le communicant. La défense, menée par Me Irénée Mezui, a maintenu que leur client exerçait son droit de réponse sur un débat d’intérêt général.

Une requalification contestée par la défense

Le passage de la « diffamation » à l’« injure publique » est perçu par de nombreux observateurs comme une décision de compromis, ou « sortie par le côté ». Notons que l’injure se distingue par l’absence d’imputation d’un fait déterminé, se limitant à une expression outrageante.« Cette requalification paraît en déphasage avec la réalité matérielle du dossier », estime une source judiciaire habituée des procédures civiles de ce type. Pour Me Irénée Mezui, retenir l’injure alors que le fond du dossier constitue une incohérence juridique.

Et ce, d’autant plus qu’à ses dires des preuves matérielles ont été fournies à la justice. Aussi, la voie de l’appel est désormais plus que jamais ouverte. C’est ce qu’a annoncé défense après la signification de la décision. Ce recours a un effet suspensif sur l’exécution de la peine. L’affaire sera donc portée devant la Cour d’Appel pour un nouvel examen des faits et du droit qui définira les contours de la liberté d’expression des acteurs sportifs face aux institutions fédérales au Gabon. Nous y reviendrons !

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

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